L'accord sur le temps de travail est "inacceptable" pour les syndicats

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Par: rédaction
10/06/08 - 16h45

La Confédération européenne des syndicats (CES) a qualifié mardi de "très insatisfaisant et d'inacceptable" l'accord intervenu mardi matin à l'aube à Luxembourg entre ministre européens sur la directive européenne révisant la durée de temps de travail en Europe. "L'accord sur le temps de travail est tout à fait regrettable. C'est un pas en arrière", a commenté mardi John Monks, en marge d'une conférence de presse.

La CES déplore notamment le maintien sans limite dans le temps de la dérogation permettant actuellement à la Grande-Bretagne de ne pas appliquer les limitations sur le nombre d'heures travaillées par semaine. Celle-ci dénonce également les nouvelles dispositions sur les prestations de garde, lesquelles, sous certaines conditions, ne seront pas assimilées à du temps de travail.

"Nous allons à présent travailler avec nos alliés au sein du Parlement européen pour changer cela", a ajouté M. Monks. Adopté aux petites heures mardi, le compromis négocié par les ministres européens de l'Emploi doit en effet à présent être soumis au Parlement européen pour une seconde lecture. L'accord confirme la limitation du temps de travail en Europe à 48 heures hebdomadaires, avec toutefois la possibilité de dérogation jusqu'à 60 ou 65 heures si le travailleur concerné marque son accord explicite.

Quant aux prestations de garde, les ministres se sont mis d'accord pour créer une catégorie de "garde active" et une autre de "garde inactive", laquelle ne sera pas considérée comme du temps de travail, sauf si les Etats membres ou les partenaires sociaux concernés le décident. La CES s'est toutefois félicitée de l'accord trouvé parallèlement sur les travailleurs intérimaires. "C'est un pas positif en avant", a encore jugé M. Monks. "Il montre que l'Union européenne peut légiférer pour améliorer les conditions des travailleurs, contrairement à ce qu'ont avancé certains lobbyistes du monde des affaires".

Ce dernier accord octroie l'égalité de traitement dès le premier jour de travail pour les intérimaires, ainsi que l'accès aux mêmes facilités que les salariés au sein de l'entreprise. Selon l'exécutif européen, l'UE compte à l'heure actuelle quelque 8 millions d'intérimaires. (belga)

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