Le film anti-islam d'un député néerlandais d'extrême-droite, intitulé Fitna, a placé les Pays-Bas pour longtemps en ligne de mire des jihadistes, a estimé mardi le Coordinateur anti-terroriste (NCTb), maintenant le niveau d'alerte à "substantiel".
Evoquant l'absence de réactions violentes dans le monde musulman après la diffusion début mars sur internet du court-métrage de Geert Wilders, le NCTb note dans un communiqué résumant son rapport trimestriel au Parlement qu'il est "encore difficile de mesurer avec certitude les conséquences à long terme pour l'image des Pays-Bas". "On peut s'attendre à ce que le film ait placé pour longtemps les Pays-Bas en ligne de mire des jihadistes internationaux", selon ce communiqué.
Plus généralement, le NCTb justifie le niveau d'alerte par les menaces provenant singulièrement du Pakistan et d'Afghanistan contre l'Europe, et donc aussi contre les Pays-Bas. La situation s'est notamment dégradée aux frontières du Pakistan depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, qui semble plus enclin à discuter avec les groupes terroristes, note le NCTb.
En dépit des appels des responsables néerlandais, qui craignaient une crise internationale comparable à celle des caricatures danoises de Mahomet, et des menaces contre les Pays-Bas, Geert Wilders, 44 ans, fondateur et chef du Parti de la liberté (PVV, 9 députés sur 150), a mis en ligne début mars un film de 17 minutes destiné à montrer ce qu'il appelle le caractère "fasciste" du Coran, livre dont il a demandé l'interdiction et comparé au "Mein Kampf" d'Hitler. Après des mois de spéculations inquiètes, le diffusion de ce film n'a suscité aux Pays-Bas qu'indifférence. (belga)


