Medvedev promet une société russe "libre"

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Par: rédaction
11/06/08 - 16h42

Le président russe Dmitri Medvedev s'est engagé mercredi à construire en Russie "une société libre", où droits de l'Homme et liberté de la presse seraient respectés, des propos jugés rhétoriques et destinés à l'étranger par politologues et défenseurs des libertés.

"Aujourd'hui et dans l'avenir, notre priorité immuable c'est la construction d'une société libre et responsable, le respect des droits de l'Homme, la liberté de la presse et de la parole et bien sûr la suprématie de la loi", a affirmé M. Medvedev devant le Congrès mondial de la presse russophone à Moscou.

"Nous sommes en train d'améliorer notre système politique", a assuré le président entré en fonction il y a un mois et que les Occidentaux entendent prendre au mot après les reculs démocratiques au cours des huit années de présidence de son prédécesseur devenu Premier ministre Vladimir Poutine.

M. Poutine a placé une grande partie des médias sous contrôle de l'Etat, faisant notamment disparaître les chaînes de télévision indépendantes. Dmitri Medvedev a lui ordonné le 2 juin le retrait d'un amendement à la loi sur les médias, qui aurait permis aux autorités de fermer des journaux coupables de diffamation. Des poursuites contre Manana Aslamazian, directrice de la branche russe de l'ONG américaine Internews, inquiétée en Russie pour trafic de devises depuis plus d'un an, ont été levées, son avocat liant cette décision au "changement de pouvoir" en Russie.

Mais les propos de M. Medvedev ont laissé froids politologues et défenseurs des droits qui n'y ont vu que paroles destinées à la consommation extérieure. "C'est de la rhétorique", a commenté Macha Lipman de la Fondation Carnegie de Moscou. "Il critique les pressions subies par la presse régionale mais il ne dit rien sur la télévision, ces chaînes fédérales où il n'y a plus d'émissions politiques en direct, où le contenu est strictement contrôlé par l'administration" notamment pour les actualités, a-t-elle précisé à l'AFP. "Cette image doit servir surtout pour l'étranger", estime Mme Lipman qui voit là un partage des rôles bien coordonné entre un Poutine "dur" et un Medvedev "plus doux et libéral".

Une stratégie destinée selon elle à réparer les dégâts causés par le "l'image négative d'une Russie non-démocratique, imprévisible, violant les droits de l'Homme" qui "empêche l'avancée des intérêts de la Russie en Occident". "Tout ce que Medvedev a dit sur la liberté de la presse, Poutine l'avait dit entre fin 1999, quand il était premier ministre, et mars 2002, quand il a détruit la chaîne NTV", a renchéri Oleg Panfilov, du centre du journalisme en conditions extrêmes.

"Si on voulait vraiment faire quelque chose pour la liberté de la presse, on supprimerait le contrôle de l'Etat sur la télévision", a-t-il expliqué. "L'Etat contrôle les six chaînes fédérales et son impact est monstrueux", a-t-il ajouté, "tout ce baratin est destiné aux oreilles des Occidentaux".

Dans un geste de bonne volonté vis-à-vis de l'Occident, typique des débuts de règnes en Russie, M. Medvedev s'est dit, en réponse à une question, prêt à "coopérer" avec une nouvelle administration américaine "quelle qu'elle soit" et a dit compter sur "un dialogue constructif et amical".

Il a également réitéré sa proposition, émise le 6 juin à Berlin, d'un nouveau pacte de sécurité en Europe et d'un espace euro atlantique uni, estimant que l'Otan ne pouvait "régler tous les problèmes de sécurité sur le territoire de la vieille Europe". (afp)

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