Le gouvernement Berlusconi donne un tour de vis aux écoutes

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Par: rédaction
13/06/08 - 16h01

Sourd aux protestations des magistrats, le gouvernement italien de Silvio Berlusconi a donné vendredi un tour de vis aux écoutes téléphoniques en approuvant un projet de loi qui restreint fortement leur utilisation, au risque d'entraver les enquêtes.

Les écoutes seront désormais autorisées pour les délits punis de plus de 10 ans de prison, contre cinq ans auparavant, selon la même source. Silvio Berlusconi, lui même piégé par des écoutes qui l'ont conduit à plusieurs reprises devant la justice, voulait à l'origine les limiter strictement aux affaires de terrorisme et de mafia.

Face aux protestations des juges, de la gauche, qui l'a accusé de chercher à bâillonner la justice, et même d'une partie de son propre camp, le Cavaliere a dû se résoudre à un compromis. Sous la pression de son allié populiste de la Ligue du nord, la règle des 10 ans souffrira plusieurs exceptions, en particulier pour les affaires concernant les délits commis contre l'administration (corruption notamment).

Le recours aux écoutes (téléphoniques ou micros) n'en sera pas moins interdit pour toute une série d'infractions comme l'association de malfaiteurs, l'usure ou le délit d'initié (l'utilisation d'informations privilégiées pour spéculer sur les titres). Pour justifier ce coup de frein, Silvio Berlusconi a mis en avant le droit à la protection de la vie privée. Les transcriptions d'écoutes se retrouvant régulièrement dans la presse, le projet de loi durcit aussi les sanctions contre les médias en cas de publication.

Le gouvernement a aussi argué de l'explosion de ce moyen d'enquête affirmant que plus de 100.000 personnes étaient sur écoutes en Italie, pays qui détiendrait ainsi un record mondial. Ces chiffres sont cependant contestés par les magistrats dont le principal syndicat (ANM) les évalue à quelque 30.000. (belga)

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