L'Irlande rejette le traité européen de Lisbonne
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Le ministre irlandais de la Justice Dermot Ahern a affirmé vendredi qu'il "semble que ce soit le non" qui l'emporte au référendum sur le traité européen de Lisbonne, lors d'une interview à la radio-télévision publique RTE. La victoire du "non" plongerait l'Europe dans une crise grave si elle était confirmée par les résultats définitifs.
M. Ahern a basé ses conclusions sur des décomptes fournis au niveau national par des observateurs et sur les premiers résultats. Ils montrent une victoire du "non" dans une grande majorité des 43 circonscriptions du pays. "D'après ce que j'entends, ça se ne présente pas bien pour le camp du oui", a déclaré de son côté le ministre des affaires européennes Dick Roche.
Dans sa circonscription de Wicklow, au sud de Dublin, "on est au coude à coude", a ajouté M. Roche. "Et d'après ce qu'on me dit Wicklow est l'une des meilleures circonscriptions" pour une victoire du "oui", a-t-il souligné.
Selon M. Roche, les zones ouvrières urbaines et les circonscriptions rurales ont plutôt voté "non" tandis que le "oui" fait mieux dans les zones urbaines de la classe moyenne, selon les toutes premières indications. "Le décompte est en cours pour le référendum sur Lisbonne, et selon les premières indications le traité connaît peut-être quelques difficultés", avait pour sa part indiqué la RTE. "Le camp du oui n'est pas très content des premières indications", a ajouté la radio-télévision, précisant toutefois que les premiers résultats officiels n'étaient pas encore connus.
Dans certains bureaux de vote à Dublin, les "non" semblent deux fois plus nombreux que les "oui", selon ce média. Selon l'
Irish Times, les premières tendances dans plusieurs circonscriptions de Dublin montrent que le "non" atteint 60 % des voix, contre 40 % au "oui", voire 70 % de "non" à Dublin sud-est.
Les suffrages ont commencé à être comptés à 10 heures dans les 43 circonscriptions de l'île pour des résultats définitifs prévus en fin d'après-midi. Les derniers sondages donnant le "oui" et le "non" au coude à coude, voire le "non" en tête.
Aucun chiffre officiel de participation n'a été diffusé. Elle serait de 50 % selon l'
Irish Times, mais la radio-télévision irlandaise RTE l'évalue à 40 % environ, soit seulement quelques points de plus que le plus-bas atteint en 2001 (34,8 %). Cette faible participation avait été citée comme l'une des raisons principales de la possible défaite du "oui".
"Si la participation est de 50-55 %, le oui a de bonnes chances. S'il se situe à 35 % ou moins, il y a une forte possibilité d'un non", a déclaré Ben Tonra, politologue à l'University College à Dublin. Les autorités ont averti que si la différence entre les "oui" et "non" est inférieure à 10.000 voix, un recomptage national serait organisé. Les résultats ne seraient dans ce cas pas attendus avant 22 heures. (afp/7sur7)