Un amendement qui aurait pour effet de suspendre certains procès pendant un an, dont celui actuellement en cours contre le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, a été déposé lundi par la majorité et aussitôt dénoncé par l'opposition de gauche.
Cet amendement prévoit la suspension pour un an des procès concernant des faits commis jusqu'au 30 juin 2002 et dont la procédure se trouve "entre la période de fixation de la première audience et la clôture des débats". En cas d'adoption, la suspension serait immédiate et pour une durée d'un an. La prescription serait suspendue pour la même durée.
La mesure est présentée comme un moyen d'accélérer la justice sur les affaires considérées comme prioritaires: criminalité organisée, crimes et délits pour lesquels les peines encourues sont supérieures à dix ans, et violations des normes en matière de sécurité du travail. Le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi dispose de la majorité absolue au Parlement.
Corruption
Le chef du gouvernement et son ex-avocat britannique David Mills sont actuellement jugés pour corruption à Milan. M. Berlusconi est accusé d'avoir versé à M. Mills 600.000 dollars en échange de faux témoignages en sa faveur devant la justice italienne lors de deux procès remontant à la fin des années 90.
Cet amendement a aussitôt été dénoncé par le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Walter Veltroni qui a fustigé une "énième loi ad personam permettant la suspension des procès, à commencer par celui concernant" le chef du gouvernement.
Sauvez le Premier
Allié de la gauche, le petit parti des valeurs (Idv) du juge anti-corruption Antonio Di Pietro a aussi critiqué une disposition dont l'objectif est de "protéger Berlusconi et la caste" politique. L'ancienne ministre et vice-présidente du Sénat Emma Bonino a pointé du doigt "une situation kafkaïenne avec l'amendement sauvez le Premier (ministre) qui sera intégré" dans les nouvelles dispositions sur la sécurité actuellement en discussion devant le Sénat.
Le 20 mai déjà, face aux vives critiques de la gauche, le gouvernement avait dû retirer un projet de loi que la presse avait présenté comme taillé sur mesure pour Silvio Berlusconi, et qui aurait retardé son éventuelle condamnation dans le procès de Milan.


