L'Europe donne du temps à l'Irlande mais poursuit les discussions
Les pays de l'UE ont accepté lundi de donner du temps aux Irlandais pour analyser le rejet du traité de Lisbonne, même s'ils veulent continuer la ratification du texte censé rendre l'UE plus efficace dans les huit autres pays où il doit encore être approuvé.
La réunion des ministres européens des Affaires étrangères, avec des Conférences d'adhésion UE-Croatie et UE-Turquie pour faire le point sur les négociations d'adhésion avec ces pays se poursuit ce mardi à Luxembourg.
Patience"Il ne faut pas aller trop vite en besogne", a déclaré le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, dont le pays préside l'UE, à l'issue d'une réunion lundi avec ses homologues européens à Luxembourg.
"Nous devons d'abord donner du temps aux Irlandais pour qu'ils comprennent les raisons de ce non et pour qu'ils nous offrent un certain nombre d'explications", a renchéri le ministre français Bernard Kouchner. "C'est un accident de parcours, une déception", mais "ça n'est pas un drame, pas un tremblement de terre", a-t-il ajouté.
Les 27 ont réaffirmé lundi leur volonté de poursuivre le processus de ratification dans les huit autres pays n'ayant pas encore approuvé le traité. "Nous avons besoin du traité de Lisbonne pour que l'Union européenne puisse travailler et qu'elle puisse s'élargir", a déclaré Mme Merkel. Le ministre irlandais Micheal Martin a précisé n'avoir donné "aucune date" à laquelle les Irlandais pourraient prendre une décision concernant le traité. "Nous avons souligné que le vote irlandais doit être respecté", a-t-il déclaré.
Pas d'attente
Tout le monde est d'accord, selon le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier, pour "ne pas trop attendre du sommet qui se tiendra à Bruxelles jeudi et vendredi, même si le Premier ministre irlandais Brian Cowen y a été invité à présenter son analyse du vote irlandais et à proposer d'éventuelles solutions.
M. Kouchner a même jugé "impossible de dire maintenant" si une solution pourrait être trouvée avant la fin de la prochaine présidence française de l'UE, le 31 décembre. "Ne nous précipitons pas pour porter des jugements qui seraient déplacés, surtout de la part de la France", pays qui a rejeté par référendum la Constitution européenne en 2005, plongeant l'Europe dans une profonde crise institutionnelle.
RéponsesEn attendant qu'une solution se dessine, les ministres se sont dits déterminés à résorber un peu le fossé entre eurocrates et citoyens européens, en répondant à leurs préoccupations. Ainsi, les trois pays qui doivent se succéder à la tête de l'UE d'ici fin 2009 - France, République tchèque et Suède - ont promis lundi qu'ils allaient s'efforcer de "répondre aux problèmes concrets" des citoyens.
Dès cette semaine, les responsables devraient montrer leur bonne volonté en plaidant pour des aides aux catégories les plus touchées par la hausse des prix des produits pétroliers et alimentaires. La commissaire européenne chargée de la Communication, Margaret Wallström, a elle confirmé un prochain sondage européen sur les raisons du non.