La puissante déflagration, entendue à cinq kilomètres de distance, s'est produite alors que l'armée américaine et le gouvernement irakien se félicitaient d'une amélioration de la sécurité dans le pays.
Au moins 63 personnes ont été tuées et plus de 70 blessées, dont plusieurs femmes et enfants, dans un attentat à la voiture piégée mardi à Bagdad, le plus meurtrier depuis plus d'un mois en Irak. La puissante déflagration, entendue à cinq kilomètres de distance, s'est produite alors que l'armée américaine et le gouvernement irakien se félicitaient d'une amélioration de la sécurité dans le pays.
Cinq femmes et quatre enfants ont péri dans l'attaque qui a touché un grand nombre de jeunes irakiens travaillant dans le marché, tout proche de l'arrêt de bus. La voiture a explosé vers 17H30 locales (14H30 GMT), à une grande heure d'affluence, près d'un arrêt de bus dans le quartier chiite d'al-Hourriyah, selon des sources de la police et du ministère de la Défense. Les blessés ont été transportés dans une dizaine d'hôpitaux de la ville. Une dizaine de bus et un immeuble de trois étages ont été complètement brûlés par l'explosion. Plusieurs maisons ont été également endommagées.
L'armée américaine a accusé mercredi des miliciens chiites d'avoir perpétré cet attentat. "Peu de temps après l'attentat, un groupe spécial extrémiste a revendiqué sa responsabilité en disant qu'il visait les forces de la coalition", a déclaré le commandement américain dans un communiqué. Dans le jargon militaire américain, un "groupe spécial" désigne un groupe de miliciens chiites financés et armés par les services iraniens. Selon l'armée américaine, la voiture, remplie de plus de 300 kg d'explosifs, n'a pas atteint sa cible et a explosé "prématurément".
"Même si les voitures piégées sont la marque de fabrique d'Al-Qaïda, nos renseignements, corroborés par plusieurs sources, indiquent que cette atrocité a été commise par un groupe spécial conduit par Haïdar Mehdi Khadoum al-Fawadi", a dit l'armée américaine, prompte de coutume à incriminer la branche irakienne du réseau Al-Qaïda. "Nous pensons qu'il a ordonné l'attaque pour attiser la violences des chiites contre les sunnites et (...) enrayer le retour des sunnites dans le quartier d'al-Hourriyah", précise l'armée.
L'attaque est la plus meurtrière en Irak depuis le 1er mai lorsqu'un double attentat près de Baqouba, à 60 km au nord de Bagdad, avait coûté la vie à 35 personnes. Le double attentat avait visé des préparatifs de mariage dans cette province sunnite de Diyala, dont le chef-lieu est Baqouba et où les affiliés d'Al-Qaïda en Irak sont très actifs. L'attentat le plus sanglant à Bagdad remontait au 7 mars avec la mort de 68 personnes. Mais l'attaque la plus sanglante en 2008 s'étaite produit le 1er février quand deux femmes kamikazes avaient tué au moins 98 personnes en actionnant leurs bombes dans un marché aux animaux dans la capitale.
Bagdad a été relativement plus calme ces derniers mois même si des attentats continuent de secouer quotidiennement la ville. L'armée américaine estime que sa stratégie de déploiement de troupes supplémentaires en février 2007 a largement contribué à y faire baisser la violence. Le matin, quatre miliciens anti-Al-Qaïda ont été tués par l'explosion d'une moto piégée dans le nord de Bagdad, selon une source des services de sécurité. La bombe artisanale, cachée dans une moto, avait explosé à un barrage tenu par un groupe de miliciens des "Fils d'Irak". Les "Fils d'Irak" sont soutenus par le gouvernement irakien et armés par les Américains pour lutter contre la branche irakienne d'Al-Qaïda.
Al-Qaïda vise régulièrement ses anciens militants passés en 2006 du côté du gouvernement irakien et qui prêtent main forte désormais à l'armée américaine, mouyennant financement. Hors de Bagdad, à Amara, une grande ville du sud de l'Irak, la police irakienne a affirmé avoir retrouvé d'importants stocks d'armes abandonnées par des miliciens chiites. Les soldats américains et irakiens sont déployés en grand nombre depuis samedi à Amara pour une opération visant notamment l'Armée du Mahdi du leader radical chiite Moqtada Sadr.
"Des civils nous ont prévenus qu'il y avait des armes abandonnées. Elles se trouvaient dans un cimetière dans le centre d'Amara", a déclaré à l'AFP le colonel Mehdi al-Assadi, un responsable de la police de la province de Massine dont Amara est la capitale. Il a fallu quatre camions à la police pour charger l'ensemble des lance-roquettes, bombes, mortiers et kalachnikovs abandonnés, selon la police, par les miliciens chiites. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné jusqu'à mercredi soir aux miliciens chiites pour déposer leurs armes avant une intervention de l'armée.
Située à 365 km au sud de Bagdad et proche de la frontière iranienne, Amara abriterait des miliciens qui ont fui Bassorah (sud) et Sadr City, le bastion de Moqtada Sadr à Bagdad, théâtres ces derniers mois de combats sanglants avec l'armée irakienne. (afp)


