La Chine et le Japon sont parvenus mercredi à un accord pour développer conjointement un des gisements de gaz qu'ils se disputent depuis des années en mer de Chine orientale, sans toutefois s'entendre sur l'épineuse question de leur frontière maritime dans cette zone. L'accord porte sur le champ gazier de Chunxiao, que les Japonais appellent Shirakaba, et qui est déjà exploité par les Chinois depuis 2003, a indiqué le ministère des Affaires étrangères japonais dans un communiqué.
Ce gisement renferme des réserves exploitables de 63,8 millions de barils équivalent pétrole, sur un total de 3,26 milliards de barils pour l'ensemble de la mer de Chine orientale, selon des études chinoises et japonaises. "Pour faire de la mer de Chine orientale une mer de coopération et d'amitié, la Chine et le Japon ont accepté de coopérer", indique le communiqué japonais. Ce communiqué ne précise pas les modalités de l'exploitation conjointe.
Le texte ne fait en outre aucune allusion aux trois autres gisements de gaz encore disputés dans la région, ni à la question de la frontière maritime entre les deux pays. Chunxiao-Shirakaba se trouve juste à l'ouest d'une ligne située à environ 450 km au large de l'archipel japonais d'Okinawa et revendiquée par le Japon comme la frontière de ses eaux territoriales. Tokyo soupçonnait depuis longtemps Pékin de profiter de sa présence à Chunxiao pour pomper du gaz se trouvant du côté japonais de la frontière.
Pékin ne reconnaît pas cette ligne de démarcation, arguant que ses droits économiques s'étendent pratiquement jusqu'à Okinawa. Le contentieux avait atteint son paroxysme en 2004, quand un sous-marin nucléaire chinois s'était aventuré dans les eaux japonaises près des gisements gaziers, donnant lieu pendant deux jours à une course-poursuite en haute mer.
Les relations sino-japonaises se sont nettement détendues depuis le départ en septembre 2006 du Premier ministre japonais Junichiro Koizumi, bête noire de Pékin en raison de ses prises de position nationalistes. En mai dernier, le président chinois Hu Jintao a effectué une visite d'Etat historique au Japon. Symbolique, l'accord ne devrait toutefois pas avoir une grande portée économique, a estimé pour sa part Hirofumi Kawachi, analyste chez Mizuho Investors Securities.
Pratiquement au moment même où l'accord était annoncé à Tokyo, une quinzaine de nationalistes chinois ont manifesté devant l'ambassade japonaise à Pékin. "Le Japon doit quitter la mer de Chine orientale!" ont-ils scandé sans que les policiers n'interviennent. (belga)
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