Obama et McCain durcissent leurs positions sur le terrorisme

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Par: rédaction
19/06/08 - 09h32

La sécurité américaine et le terrorisme s'imposent comme un thème d'affrontement majeur entre les présidentiables américain Barack Obama et John McCain, qui font tout pour durcir le contraste entre leurs positions.

"Il y a deux façons de mener cette guerre contre le terrorisme: intelligente ou stupide. Nous avons vu sept ans de stupidité de la part de George W. Bush et John McCain", a résumé mercredi Susan Rice, une des principales conseillères en politique étrangère du démocrate Barack Obama, interrogée par la télévision MSNBC. Avec un vocabulaire légèrement plus mesuré, l'ancien maire républicain de New York Rudolph Giuliani, surnommé "le maire de l'Amérique" pour avoir géré l'après-11-Septembre, a accusé Barack Obama, "presque sur tous les dossiers, d'avoir une approche beaucoup plus douce, une approche défensive, pour combattre le terrorisme".

L'élection présidentielle de novembre offrira un choix: "voulons-nous être en défense ou à l'offensive contre le terrorisme", a ajouté M. Giuliani lors d'une conférence téléphonique. Barack Obama a présenté l'alternative un peu différemment: "John McCain veut continuer la politique étrangère de Bush/Cheney; je veux tourner la page", a-t-il expliqué lors de la première réunion d'un groupe de travail qu'il a constitué sur ce thème. "Au lieu d'adhérer à une idéologie rigide, je veux revenir à la tradition pragmatique de la politique étrangère américaine (..), une politique centrée sur l'utilisation de tous les éléments de la puissance américaine pour protéger notre peuple et défendre nos intérêts", a-t-il ajouté.

On trouve dans ce groupe de travail autour de M. Obama des proches de l'ancienne Première dame Hillary Clinton, comme l'ex-secrétaire d'Etat Madeleine Albright. Mme Clinton avait prédit durant les primaires démocrates que la présidentielle se jouerait sur le dossier de la sécurité nationale. Elle avait d'ailleurs implicitement mis en cause les capacités de M. Obama dans ce domaine en demandant, dans un spot de campagne, s'il serait en mesure de prendre la bonne décision si le téléphone rouge de la Maison Blanche sonnait à 3 heures du matin. Mardi, les proches de John McCain avaient recouru à l'insulte suprême: Obama a "une mentalité du 10 septembre", avait dit son conseiller en politique étrangère Randy Scheunemann.

"S'il recevait le fameux coup de téléphone de 3 heures du matin, sa réaction serait d'appeler les juristes du ministère de la Justice", avait-il ajouté. "Il n'a pas l'expérience pour s'occuper de terrorisme", a renchéri M. Giuliani mercredi. "C'était une erreur terrible de s'en occuper dans les années 1990 comme d'une simple affaire pénale", a ajouté l'ancien maire de New York. "La réalité, c'est que ce pays a été gardé en sécurité ces sept dernières années. Nous pensions tous qu'il y aurait d'autres attentats - ce n'est pas comme si les terroristes n'avaient pas essayé", a-t-il encore souligné.

Le thème de la sécurité nationale s'est imposé dans la campagne présidentielle depuis que la Cour suprême a reconnu la semaine dernière que les terroristes présumés détenus à Guantanamo, certains depuis plus de six ans, ont le droit de saisir la justice civile. M. McCain a vivement dénoncé cette décision, qui a au contraire été saluée par M. Obama et les démocrates. Les proches de M. Obama ont notamment mis en avant sa fermeté en soulignant qu'il s'était dit prêt, lui, à frapper si besoin au Pakistan en cas d'informations fiables sur la localisation du chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden. Cette remarque lui a valu des critiques de M. McCain. (afp)

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