Mugabe détourne l'attention en prétextant un nouveau colonialisme

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Par: rédaction
20/06/08 - 11h37

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a prévenu qu'il resterait au pouvoir tant que l'ensemble des terres du pays ne serait pas aux mains de la majorité noire, a rapporté vendredi le quotidien d'Etat The Herald à une semaine du second tour de la présidentielle, alors que la majorité de la population blanche a déjà déserté le pays depuis des années.

"Quand je serai certain que l'héritage (les terres) sera vraiment entre vos mains, alors je pourrai dire: le travail est fait", a déclaré M. Mugabe. The Herald, voix du régime, titre son article avec une citation du président: "La terre doit être à vous avant que je me retire".

Les propos du chef de l'Etat, 84 ans, ont été prononcés lors d'un rassemblement de ses partisans dans le Matabeleland (ouest), une semaine avant le second tour de l'élection présidentielle qui l'opposera au chef de l'opposition Morgan Tsvangirai.

Colonialisme
M. Mugabe avait déjà averti qu'il était prêt à "mourir" pour son pays et que l'opposition ne dirigerait jamais le Zimbabwe de son "vivant". "Les vétérans de la guerre (d'indépendance) sont venus me voir et m'ont dit: président, nous ne pouvons accepter que notre pays, que nous avons gagné par nos armes, puisse être simplement abandonné avec la plume d'un stylo", a-t-il encore dit, cité par The Herald.

Robert Mugabe accuse régulièrement son rival d'être un traître au service de l'ex-puissance coloniale britannique, elle-même soupçonnée par le régime zimbabwéen de vouloir reprendre le contrôle du pays. Il a affirmé que le second tour de la présidentielle, fixé au 27 juin, était une opportunité pour la population de rejeter les tentatives de recoloniser le pays une fois pour toute, accusant M. Tsvangirai de vouloir revenir sur les gains de l'indépendance, poursuit le quotidien.

Rejet
Le chef de l'Etat a également promis de régler en partie les problèmes économiques, qu'il a attribués une fois encore aux sanctions imposées par les Occidentaux après sa réélection controversée en 2002. Le Zimbabwe traverse une crise économique, caractérisée notamment par des pénuries récurrentes et une hyperinflation qui dépasse l'entendement, poussant à l'exil les Zimbabwéens et affamant ceux restés sur place.

M. Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a essuyé un sérieux revers lors des élections générales du 29 mars. Non seulement son parti a perdu le contrôle de la chambre des députés, mais il est lui-même arrivé derrière M. Tsvangirai au premier tour de présidentielle. (afp)

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