La France et l'Europe s'accusent mutuellement du Non irlandais

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Par: rédaction
20/06/08 - 11h50

La France et la Commission européenne s'accusent mutuellement d'avoir contribué à la victoire du non au traité de Lisbonne en Irlande, selon des déclarations des deux parties au sommet européen.

Tard jeudi soir, Nicolas Sarkozy avait accusé le très libéral commissaire européen au Commerce, le Britannique Peter Mandelson, d'avoir joué un rôle dans l'évolution de la campagne référendaire en Irlande. "La question de l'OMC a été une question clairement évoquée dans le débat irlandais", a affirmé le président français.

Il a ajouté que Peter Mandelson était "le seul" à penser qu'il fallait continuer à négocier un accord alors que "nous n'avons rien obtenu sur les services, rien sur l'industrie (...) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent". "Si on veut accroître la crise irlandaise, il n'y a qu'à en remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord complètement déséquilibré à l'OMC", a ajouté le Français.

Retour de flamme
Un haut responsable de la Commission européenne lui a vertement répliqué vendredi matin que "les ministres français des Finances et des Affaires étrangères avaient aussi eu des remarques très négatives". Il renvoyait à des déclarations de Christine Lagarde et Bernard Kouchner, abondamment reprises et dénoncées par les journaux irlandais pendant la campagne.

Mme Lagarde avait indiqué en avril que la France voulait "pousser" l'harmonisation fiscale européenne, alors que les Irlandais sont très attachés à leur système - et notamment à leur taux réduit d'imposition sur les sociétés qui a contribué au boom économique de l'île. Quant à M. Kouchner, juste avant le référendum, il avait estimé que les Irlandais seraient "les premières victimes" s'ils rejetaient le traité puisqu'ils avaient "profité de l'Europe plus que les autres".

Ces accusations mutuelles interviennent alors que les 27 ont montré au sommet qu'ils peinaient à rebondir après le rejet du traité au référendum irlandais. Alors qu'ils voulaient déterminés à poursuivre la ratification du texte afin de sauver le traité, la République tchèque, qui fait face à des partis très eurosceptiques, refusait toute phrase trop engageante.

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