Le Traité de Lisbonne mis au frais jusqu'en octobre?

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Par: rédaction
20/06/08 - 16h40

Les dirigeants européens veulent se donner rendez-vous lors de leur prochain sommet mi-octobre pour faire le point sur l'avenir du traité de Lisbonne après le "non" irlandais, selon un projet de conclusion de leur réunion qui s'achève vendredi.

"Le Conseil européen s'est rallié à la suggestion de l'Irlande de revenir sur cette question lors de la réunion du 15 octobre 2008 afin d'examiner la voie à suivre", souligne le projet de texte, susceptible encore d'être modifié.

Poursuite
Dans l'immédiat, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se montrent très prudents sur la marche à suivre. Ils se bornent à constater que "19 Etats membres" de l'UE ont déjà ratifié le traité et que le processus de ratification "se poursuit" dans les autres pays. De nombreux chefs de gouvernements auraient souhaité une formule plus nette pour marquer la détermination des autres pays à mener à bien la validation du traité de Lisbonne, censé faire mieux fonctionner l'Europe élargie, mais la République tchèque, dont le gouvernement est eurosceptique, rechigne.

Le projet de conclusion ajoute que "le Conseil européen a convenu qu'il fallait davantage de temps pour analyser la situation". Avant le début du sommet de Bruxelles, plusieurs dirigeants, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, avaient pourtant expliqué que l'UE devait éviter de replonger dans une "période de réflexion", comme celle qui avait été fatale à la Constitution européenne au lendemain des "non" français et néerlandais de 2005.

Trop tôt
Mais le Premier ministre irlandais Brian Cowen a répondu qu'il était "beaucoup trop tôt pour présenter des solutions possibles" au rejet par les électeurs irlandais de ce texte censé rendre l'Europe plus efficace. "Cela fait seulement sept jours que les Irlandais se sont exprimés. Cette décision doit être respectée", a-t-il ajouté.

Son chef de la diplomatie, Micheal Martin, a clairement refusé d'accepter le prochain sommet d'octobre comme date limite à laquelle son gouvernement devrait faire des propositions sur les moyens d'aménager le traité en vue d'organiser un éventuel second référendum en Irlande. "Nous apporterons un rapport d'étape au sommet d'octobre mais nous ne pensons pas qu'il y aura des solutions sur la table en octobre", a déclaré M. Martin.

En douceur
Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt l'a appuyé dans son refus de ne pas brusquer les choses, estimant qu'il ne fallait pas imposer à l'Irlande un calendrier de sortie de crise. "Continuons le processus de ratification et ne poussons pas maintenant pour avoir des dates limites, attendons les réponses à l'automne", a-t-il plaidé.

Les 12 dirigeants de la famille politique conservatrice européenne - dont Mme Merkel ou le Polonais Donald Tusk - se sont ainsi contentés d'appeler à "poursuivre la ratification du traité" de Lisbonne dans les pays ne l'ayant pas encore ratifié. Ils comptent sur la validation du traité par la Grande-Bretagne, l'un des pays les plus eurosceptiques de l'UE, pour donner à la ratification "un nouvel élan."

Nouveau référendum
Malgré les problèmes que pourrait rencontrer le traité en République Tchèque, la plupart des dirigeants européens continuent à espérer que Dublin organisera un nouveau référendum à temps pour que le traité puisse entrer en vigueur d'ici les élections européennes de juin 2009.

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