Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Le président de la Commission européenne a fermement remis vendredi le Premier ministre italien à sa place après ses critiques, jeudi, envers les commissaires européens priés de taire leurs critiques envers les gouvernements européens.
"La Commission européenne est une institution indépendante", a rappelé vendredi le président de l'exécutif. "Nous ne sommes pas le secrétariat des Etats membres". "La Commission n'a pas besoin de l'autorisation des Etats membres pour exprimer ses opinions", a poursuivi le président Barroso, rappelant le rôle de gardienne des traités de la Commission. "La Commission fait son travail avec objectivité pour servir l'intérêt européen et nous continuerons à exprimer nos opinions en toute indépendance dans un esprit de partenariat (...) ce qui ne veut pas dire qu'il faut toujours être d'accord", a souligné M. Barroso.
Celui-ci répliquait aux critiques de Silvio Berlusconi qui, la veille, demandait sans ambages à la Commission d'éviter toute critique publique envers les Etats membres. "Les gouvernements ne devraient pas être exposés tous les deux à trois jours dans les pages des journaux à des critiques (de la Commission, ndlr). Cela ne fait que baisser la sympathie des citoyens européens envers les institutions européennes", avait notamment fait valoir le Cavaliere, dont le gouvernement fait actuellement l'objet de critiques de l'exécutif européen en matière de politique budgétaire, migratoire ainsi que concernant les aides d'Etat destinées à sauver Alitalia de la faillite.
José Manuel Barroso a également pris vendredi la défense de son commissaire au Commerce, le Britannique Peter Mandelson, sévèrement attaqué par le président Sarkozy pour sa volonté à poursuivre les négociations sur la libéralisation du commerce mondial au sein de l'OMC. "Peter Mandelson a une grande compétence et un engagement fort. Il fait vraiment du bon boulot et je souhaite qu'il reçoive tout le soutien dont il a besoin", a répliqué le président de la Commission. "Il fait probablement le boulot le plus difficile (au sein de la Commission) après celui de président".
Quelques heures plus tôt, le président français, qui s'apprête à reprendre les rênes de l'Union, avait lancé une charge contre le commissaire européen au Commerce. "Il serait totalement invraisemblable qu'on continue à vouloir négocier un accord où nous n'avons obtenu rien sur les services, rien sur l'industrie (...) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim", a jugé le chef de l'Etat. "Franchement, il y a une seule personne qui est de cet avis, c'est (le commissaire européen au Commerce) Peter Mandelson, et ce n'est pas la position de la France", avait lâché le président Sarkozy. (afp)


