La décision du candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama de renoncer à financer sa campagne avec des fonds publics limités afin de pouvoir utiliser la manne que lui ont apporté ses supporteurs a suscité un vent de critiques dans la presse américaine, qui lui reproche d'être versatile.
Dans le Washington Post comme le New York Times, qui soutiennent pourtant les démocrates, des éditoriaux s'en prennent au sénateur de l'Illinois pour avoir changé d'avis. En février 2008, Barack Obama avait assuré qu'il chercherait "avec acharnement un accord avec le candidat républicain pour préserver une campagne financée sur fonds publics".
Jeudi, fort de ses 265 millions de dollars engrangés (contre 96 millions pour le républicain John McCain), le candidat démocrate a annoncé qu'il ne participerait pas au système de financement public. Celui-ci limite en effet les dépenses de campagne, entre la période des conventions des partis et l'élection de novembre, à 85 millions de dollars.
"Son effort pour masquer sa promesse rompue en se revêtant du manteau de la recherche altruiste du service public est un peu dur à avaler", écrit le Washington Post alors que Barack Obama a justifié sa décision en estimant que le système actuel de financement était "cassé".
Le New York Times, quant à lui, fait la liste des changements d'avis du candidat démocrate, rappelant comment il a "jeté sous la voiture" son ancien pasteur, Jeremiah Wright, après avoir dit qu'il ne pouvait "pas plus le renier" qu'il ne pouvait renier sa grand-mère. "Même Bill Clinton n'était pas assez intelligent pour réussir en politique tout en affirmant renoncer à faire de la politique", conclut l'éditorial. (belga)


