L'homme accusé d'avoir décapité sa femme condamné à perpétuité
Christian Ximenes a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans par la cour d'assises du Val-d'Oise pour avoir décapité son ex-compagne, une femme de 63 ans disparue en novembre 2006.
Christian Ximenes, 73 ans, comparaissait depuis lundi pour avoir enlevé, séquestré et tué Nicole Saada, dont le corps avait été retrouvé deux mois après sa disparition, décapité, sans main et sans coeur, dans la forêt de Rambouillet. Le verdict, identique aux réquisitions de l'avocate générale Laetitia Dhervilly, a été accueilli dans le calme dans la salle d'assises. "Evidemment, ça nous soulage, ça enlève un poids. Mais on sait qu'il va faire appel et qu'il va falloir tout recommencer à nouveau. Surtout, il n'a pas avoué, on n'a pas eu de réponses à nos questions", a déclaré Virginie, la fille de la victime, après l'énoncé du verdict.
De lourdes charges pesaient contre l'accusé qui a toujours nié les faits. Il épiait la victime, professeur de danse habitant Domont (Val-d'Oise), depuis qu'elle avait rompu avec lui en août 2006. Il a été identifié au volant de la voiture de la sexagénaire le jour de sa disparition. Des taches de sang de Mme Saada ont été retrouvées sur le jean qu'il portait ce même jour. "Il est dangereux pour notre société parce qu'il n'évoluera pas. Il a presque 74 ans. Oui, il va finir sa vie en prison", avait lancé l'avocate générale au cours de ses réquisitions.
Prenant la parole avant le délibéré, l'accusé est revenu sur des détails de l'instruction avant de lâcher: "Je suis le seul à savoir ce qui s'est passé le 10 novembre", le jour de la disparition. Durant cinq jours, il a expliqué avoir été victime d'une prise d'otage le 10 novembre. Des hommes "en combinaison grise, cagoulés, avec des lunettes" qui transportaient un corps non identifié l'auraient emmené de force dans la voiture de la victime avant de le relâcher dans la soirée. Cette explication "est farfelue", a expliqué vendredi l'avocate des parties civiles, Ariane Lachenaud, dans sa plaidoirie.
"Vous l'avez traqué comme un animal, vous l'avez tué comme un animal", avait conclu Me Lachenaud après lui avoir demandé: "où est la tête de la victime?" L'un des avocats de l'accusé, Stéphane Lorange, avait demandé l'acquittement "parce que je ne peux pas plaider contre mon client". Il avait néanmoins émis "l'hypothèse" que son client avait tué Nicole Saada à l'issue d'une dispute, "sans préméditation". "C'est un petit meurtrier", avait-il conclu. Selon l'autre avocat, Adele Vanhaecke, son client ne pouvait pas avouer parce qu'il "(s'était) forgé sa réalité".
Les cinq jours d'audience ont été une longue épreuve pour Christian Ximenes, très bavard et pointilleux sur les détails de l'instruction. Aucun témoin n'est venu déposer en sa faveur. Les quatre filles qu'il a eu avec sa première femme ont décrit un homme "paranoïaque, dangereux, pervers". Deux de ses filles et une nièce l'ont accusé d'attouchements sexuels, ce qu'il a nié.
Les membres de la famille de Mme Saada ont défilé à la barre, en pleurs, pour le sommer d'avouer. Le président de la cour d'assises, Pierre Vallée, a expliqué comment l'accusé avait harcelé la victime entre la rupture en août 2006 et sa disparition le 10 novembre 2006. Face aux témoignages à charge, dans une salle ouvertement hostile, l'accusé s'en est tenu à sa version: "je ne vais pas m'accuser de ce que je n'ai pas fait". (afp)