L'opposition a affiché vendredi ses divisions sur l'opportunité de participer au second tour de l'élection présidentielle alors que le président du Zimbabwe Robert Mugabe a réaffirmé qu'il n'était pas prêt à céder le pouvoir.
Devant la montée de la répression à une semaine du scrutin fixé au 27 juin, Bruxelles a menacé le régime de nouvelles sanctions et Washington a appelé devant l'ONU à une action "forte". Même au sein de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), la prudence de rigueur commence à se fissurer. En attendant, les violences et mesures d'intimidations ont ébranlé certains responsables du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui décidera dimanche, lors d'un conseil national, s'il participe ou non au second tour.
"Prenant en considération les violences et les intimidations, nous déciderons si nous pensons encore que la volonté du peuple peut être respectée et donc s'il est opportun de participer à l'élection", a déclaré à l'AFP le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa. Dans une lettre ouverte publiée dans la matinée, le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai s'était pourtant dit déterminé à participer au scrutin, appelant les membres du MDC à être "courageux" et la population à se mobiliser en dépit de la répression. "Aidez-nous à encourager le peuple à voter à nouveau pour le changement le 27 juin", a-t-il écrit à ses partisans.
Deux autres responsables du MDC interrogés par l'AFP ont également écarté l'éventualité d'abandonner la lutte démocratique pour le pouvoir. "C'est une absurdité", a ainsi déclaré le trésorier du parti, Roy Bennett. Aux élections générales du 29 mars, M. Mugabe, 84 ans, a essuyé un revers historique: son parti a perdu le contrôle de la Chambre des députés et il est arrivé derrière M. Tsvangirai, 56 ans, au premier tour de la présidentielle. Depuis, les violences politiques se sont déchaînées. (afp)


