MISE À JOUR
La région de Tarija, qui recèle la majorité des réserves gazières de Bolivie, organisait dimanche un référendum - qualifié d'"illégal et séparatiste" par le président Evo Morales - sur un statut d'autonomie déjà adopté par trois provinces "rebelles".
Les opérations de vote pour les 173.000 inscrits ont commencé à 08h00 locales (14h00 HB) dans un climat relativement tendu dans certaines bourgades, a constaté l'AFP, et devaient se terminer à 16h00 locales (22h00 HB).
Région agricole et viticole du sud du pays, la province de Tarija qui
compte quelque 400.000 habitants, recèle 85% des réserves de gaz et représente 13% du PIB boliviens.
C'est la quatrième province, "rebelle" selon les autorités de la Paz,
à convoquer un référendum non reconnu par le gouvernement de gauche.
La région de Santa Cruz (est), moteur économique du pays andin, a déjà organisé un référendum d'autonomie en mai, suivie en juin par les provinces amazoniennes de Pando et Beni (nord). Le statut d'autonomie administrative et financière y a été voté massivement.
Le scrutin de Tarija, dont le résultat favorable ne fait aucun doute,
selon les sondages, s'est ouvert dans un climat relativement calme, sauf à Yacuiba et Bermejo, deux bourgades du Gran Chaco, une zone de l'est de la province, opposée au référendum et où se trouvent la majorité des réserves gazières.
Un bâton de dynamite avait explosé samedi matin à Yacuiba devant les bureaux d'une chaîne de télévision privée favorable à l'autonomie, causant des dégâts matériels.
Pour rassurer la population, la police qui a reçu des renforts, avait
annoncé samedi soir qu'elle garantirait la sécurité.
La campagne électorale s'est déroulée sans violence dans cette région frontalière de l'Argentine et du Paraguay, culminant avec une
manifestation de 10.000 partisans du oui en présence du gouverneur Mario Cossio (droite).
Des médias locaux ont signalé la présence à Tarija de membres de
l'Union des jeunesses de Santa Cruz, un mouvement d'extrême droite servant de gros bras aux dirigeants autonomistes.
Le président Morales a dû annuler la semaine dernière deux déplacements à Tarija "pour des raisons de sécurité".
Ce référendum se déroule au moment où la Bolivie (9 millions d'habitants) traverse une grave crise politique et sociale. Le dialogue est complètement bloqué depuis des mois entre le gouvernement de M. Morales, premier président amérindien de Bolivie, et l'opposition conservatrice du parti Podemos allié aux gouverneurs des quatres provinces autonomistes, notamment la puissante région de Santa
Cruz.
Pour tenter de sortir de la crise, M. Morales a convoqué pour le 10
août un référendum national, remettant en jeu son mandat de président, celui du vice-président et ceux des neuf gouverneurs de région, dont six sont opposés à sa politique.
Le pays apparaît coupé en deux: d'un côté, le gouvernement du
président Morales qui a replacé sous le contrôle de l'Etat des secteurs
clés de l'économie nationale comme les hydrocarbures et mis en place une politique de redistribution en faveur des paysans quechuas et aymaras des régions andines pauvres du pays.
De l'autre côté, les opposants de droite, ainsi que les patrons d'entreprises, critiquent cette politique anti-libérale qui a fait fuir les investissements notamment dans le secteur énergétique.
Pays pauvre du continent mais pourvu de richesses minières (étain,
fer, cuivre...), la Bolivie possède la deuxième réserve de gaz d'Amérique du sud après celle du Venezuela. (afp)


