L'Europe confirme la fermeture de la pêche au thon rouge

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Par: rédaction
23/06/08 - 17h04

La Commission européenne a confirmé lundi l'interdiction de la pêche au thon rouge en Méditerranée, après une rencontre houleuse à Bruxelles avec des représentants des pêcheurs et malgré les critiques de la France en particulier. "C'est une mort subite" pour les pêcheurs, a vivement réagi le président du syndicat des thoniers méditerranéens Mourad Kahoul, furieux à sa sortie de la Commission.

"La pêche au thon est terminée en Méditerranée et en Atlantique oriental, tout simplement parce que la Commission a suffisamment de faits et de chiffres", a fermement commenté quelques mètres plus loin Nathalie Charbonneau, porte-parole du commissaire européen à la Pêche Joe Borg. D'ailleurs, le ministre français de la Pêche et de l'Agriculture Michel Barnier a rencontré en fin de semaine dernière le commissaire Borg et ils ont "réglé la polémique", selon elle.

"Les choses ont été expliquées et M. Barnier a fait en sorte que les licences des pêcheurs soient retirées jusqu'à la prochaine campagne de pêche", a-t-elle noté. "M. Barnier a tout a fait reconnu que nous avions plusieurs sources d'information et que ça nous permettait d'avoir une cartographie très très précise et donc des données beaucoup plus fiables", selon elle.

M. Barnier, présent à Luxembourg au même moment pour une réunion ministérielle européenne, a livré une version différente. Les chiffres de la Commission "ne sont pas les miens, donc il y a un problème", a dit M. Barnier à son arrivée aux journalistes. Les ministres européens de la Pêche veulent examiner mardi la décision de Bruxelles. M. Barnier a toutefois écarté l'idée d'organiser un vote pour annuler l'interdiction, qui nécessiterait une majorité qualifiée des 27 très difficile de toute façon à obtenir.

"Je ne suis pas dans l'état d'esprit d'entrer en conflit avec la Commission et de livrer une guérilla. Ce qui m'intérese c'est qu'elle explique de manière claire ce qu'elle décide et pourquoi elle le fait. Pour l'instant nous sommes plusieurs ministres de la Pêche qui ne comprenons pas la décision unilatérale de la Commission", a-t-il dit. Les représentants italiens et français des pêcheurs qui ont rencontré les services de la Commission ont laissé, eux, éclater leur colère.

"La Commission est arrivée avec un dossier creux", a fulminé M. Kahoul, "ils n'ont aucune donnée scientifique fiable, ils n'ont que des suppositions". "Même les contrôles de la marine française, c'est du pipeau pour eux. Eux ils n'ont rien, nous on a des preuves et on passe pour des menteurs", s'est-il insurgé. "On tue des familles sur des suppositions. Nous avons affaire à des bolcheviques, ici c'est pire que dans les années 40", a-t-il ajouté.

Le président du syndicat des thoniers méditerranéens estime que "le seul souhait aujourd'hui (de Bruxelles), c'est de casser du bateau". De son côté, la Fédération italienne des coopératives de pêcheurs a dit attendre encore des données chiffrées de la Commission. "Certains bateaux n'ont pas pêché" encore, a noté un porte-parole, Leonardo Pofferi. "Nous demandons que la date de fermeture de la pêche prévue fin juin soit rétablie", a-t-il ajouté.

La Commission européenne a décidé de fermer prématurément la pêche au thon rouge au nom de la protection de l'espèce, en jugeant que les quotas fixés avaient été atteints. Cette fermeture concerne les thoniers senneurs, de grands chalutiers qui pratiquent de la pêche industrielle. Elle s'applique depuis le 16 juin pour la Grèce, la France, l'Italie, Chypre et Malte, et depuis ce lundi pour l'Espagne. (belga)

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