Reporter de ses propres meurtres, un journaliste macédonien se suicide

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Par: rédaction
23/06/08 - 15h28
Vlado Taneski, 56 ans, correspondant chevronné de divers médias macédoniens, s'est suicidé dans une prison de Tetovo (40 km à l'ouest de Skopje), moins de trois jours après avoir été arrêté.
Une des victimes du "monstre de Kicevo", retrouvée dépecée.

Un journaliste macédonien, surnommé le "Monstre de Kicevo" pour avoir commis des assassinats sauvages qu'il avait lui-même relatés dans la presse locale, s'est suicidé lundi, selon la police, concluant ainsi une saga digne d'un film d'horreur. Vlado Taneski, 56 ans, correspondant chevronné de divers médias macédoniens, s'est suicidé dans une prison de Tetovo (40 km à l'ouest de Skopje), moins de trois jours après avoir été arrêté, a indiqué le porte-parole de la police, Ivo Kotevski.

"Il s'est suicidé en plongeant sa tête dans un seau d'eau", a déclaré à l'AFP M. Kotevski. "On ne sait pas comment aucun des codétenus ou des gardiens n'a remarqué ce qu'il faisait", a-t-il ajouté avant de conclure: "Il a fini comme dans un film d'horreur". Taneski avait été arrêté vendredi à Kicevo (130 km au sud de Skopje), soupçonné d'avoir enlevé, violé puis tué sauvagement au moins trois femmes avant de les découper en morceaux. Il avait enveloppé les morceaux dans des sacs en plastique et s'en était débarrassé en divers endroits de Kicevo.

Le "Monstre de Kicevo"
Surnommé le "Monstre de Kicevo", Taneski, qui avait travaillé pour le plus ancien quotidien de Macédoine, Nova Makedonija, était soupçonné d'avoir tué une quatrième femme. Il avait lui-même rendu compte des meurtres pour Nova Makedonija et pour le quotidien Utrinski Vesnik entre 2003 et 2008. La police avait commencé à le soupçonner après avoir relevé que ses reportages comportaient des détails qui n'avaient pas été officiellement révélés. Taneski n'avait pas hésité à interviewer aussi bien des parents des victimes que des policiers chargés des enquêtes.

"Il est venu me voir en tant que journaliste pour me demander des informations sur ma soeur", a raconté à l'AFP Cvetanka Licovska, la soeur d'une des victimes. "C'est une honte qu'il soit mort en prison. Il aurait dû répondre de ses crimes devant la justice et être emprisonné", a déclaré le fils d'une autre victime, Zoran Temelkovski. Selon la police, toutes les victimes de Taneski avaient des caractéristiques semblables qui les faisaient ressembler à sa mère, une femme seule avec laquelle le journaliste avait des rapports difficiles.

Au moins quatre victimes
Les femmes assassinées avaient à peu près le même âge, la même éducation et un passé professionnel semblables à ceux de la mère de Taneski. Comme elle, elles était toutes mères célibataires. Des empreintes ADN de Taneski ont été trouvées sur ses victimes, que la police a identifiées comme Mitra Siljanovska, 70 ans, Zivana Temelkovska, 65 ans, et Ljubica Licovska, 55 ans. La quatrième victime serait Gorica Pavleska, 79 ans. Lors d'une récente perquisition au domicile du journaliste, la police avait découvert du matériel pornographique, a rapporté Nova Makedonija, qui avait, il y a quelque temps, décerné à Taneski un prix pour ses reportages.

Avant d'être incarcéré à la prison de Tetovo, Taneski "n'a ni avoué, ni démenti, faisant preuve de sang froid lors des interrogatoires", a indiqué la police de Kicevo. Nova Makedonija a rapporté que l'épouse du journaliste, Vesna Taneski, ne s'était doutée de rien. "J'ai été la dernière informée de ces meurtres", a-t-elle déclaré. "Nous avions une relation normale", a-t-elle ajouté. Les époux, qui ont eu deux fils, actuellement d'âge adulte, ont vécu ensemble pendant 31 ans, mais n'habitaient plus sous le même toit depuis quatre ans, a précisé le journal.

Un homme "calme et modeste"
Les collègues de Vlado Tanevski ont fait part de leur consternation après l'arrestation de leur confrère, que plusieurs ont décrit comme un homme "calme et modeste". Le ministère macédonien de la Justice a indiqué que Taneski avait pu se suicider en allant dans la matinée de lundi aux toilettes de la prison et qu'une autopsie serait pratiquée. (belga)

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