L'ambassadeur US à Tirana dément tout trafic d'armes

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Par: rédaction
25/06/08 - 11h18

Les autorités américaine et albanaise ont annoncé mardi des enquêtes approfondies sur une éventuelle implication de l'ambassadeur des Etats-Unis à Tirana dans un trafic de munitions chinoises, que le diplomate américain a démentie.

L'ambassadeur John Withers "est en train de préparer un démenti complet sur les allégations contre l'ambassade des Etats-Unis à Tirana et contre lui-même", a déclaré l'ambassade des Etats-Unis à Tirana dans un communiqué. "L'ambassadeur croit fermement qu'un juste examen des faits va mener à la découverte de la vérité et va dissiper complètement toute assertion portée contre lui, son équipe ou son administration", a ajouté la représentation américaine. C'est le président de la Commission de vérification de la Chambre des représentants américaine, Henry Waxman, qui a lancé les premières accusations contre M. Withers.

Dans une lettre à la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice datée de lundi et dont plusieurs journaux américains ont reçu une copie, M. Waxman affirme que l'ambassadeur des Etats-Unis à Tirana "a eu une réunion tard la nuit avec le ministre albanais de la Défense au cours de laquelle il a approuvé la suppression de preuves de l'origine chinoise illégale de munitions acheminées d'Albanie en Afghanistan par un sous-traitant américain" du Pentagone. Une loi américaine interdit le commerce d'armes ou de munitions chinoises. Cette réunion aurait eu lieu le 19 novembre 2007 à la demande du ministre albanais qui souhaitait savoir comment répondre à une demande d'un journaliste du New York Times désireux de visiter un entrepôt de la société américaine AEY Inc., travaillant sous contrat avec l'armée américaine, affirme le parlementaire américain.

Cette société "faisait au moment de cette réunion l'objet d'une enquête pour trafic d'armement illégal incluant des munitions chinoises", précise M. Waxman, qui base ses accusations sur le témoignage d'un attaché militaire américain, Larry Harrison. Le président d'AEY Inc., Efraim Diveroli, 22 ans, et trois autres personnes ont été inculpés vendredi pour la vente au Pentagone de munitions chinoises interdites, ajoute M. Waxman. Le département d'Etat a défendu son diplomate, qui a 24 ans de service à son actif. "Ce sont des accusations très graves et le département d'Etat prend toujours très au sérieux ce genre d'accusations", a déclaré un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Tom Casey. "Cela dit, nous n'avons aucune information qui soutiendrait ou confirmerait ces allégations".

L'ambassadeur "est convaincu que les faits vont l'exonérer ainsi que son personnel, de toutes ces allégations", a-t-il ajouté. "Je n'ai absolument aucune raison de penser qu'autre chose va se produire". Le département d'Etat a décidé de lancer une enquête interne "complète, juste et transparente" qui sera menée par son inspecteur général, a précisé le porte-parole. "Quand quelqu'un se retrouve sous le coup d'accusations publiques comme celles de M. Waxman, il est juste qu'un organisme indépendant les examine et parvienne à une conclusion adéquate". Le procureur général albanais, Mme Ina Rama, qui enquête avec six juges d'instruction, a déclaré être "décidée à découvrir la vérité". "Les enquêtes vont se poursuivre et nous sommes décidés à explorer toutes les pistes", a-t-elle dit, précisant avoir demandé aux autorités américaines de pouvoir interroger M. Diveroli pour le compte de la justice albanaise.

L'affaire pourrait avoir des liens avec l'arrestation à Tirana de sept personnes après une série d'explosions dans un dépôt militaire à Gërdec, près de la capitale albanaise, qui a fait plusieurs morts et blessés et entraîné des soupçons sur l'existence éventuelle d'un trafic d'armes. Le ministre albanais de la Défense, Fatmir Mediu, avec lequel l'ambassadeur américain aurait été en contact, a démissionné à la suite des explosions. (belga)

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