Olmert sauve son gouvernement par un accord avec les travaillistes
M. Olmert a accepté la tenue d'élections primaires au sein de Kadima comme l'exigeait M. Barak d'ici le 25 septembre. Entre temps, le parti travailliste s'abstiendra de s'associer aux efforts de l'opposition de droite pour faire tomber le gouvernement.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, impliqué dans une affaire de corruption, a sauvé in extremis mercredi son gouvernement grâce à un accord avec les travaillistes qui ont renoncé à voter la dissolution du Parlement. La crise a été désamorcée au terme d'un arrangement conclu entre Kadima, le parti centriste de M. Olmert, et le Parti travailliste, dirigé par le ministre de la Défense Ehud Barak, quelques heures à peine avant un vote prévu à la Knesset.
M. Olmert a accepté la tenue d'élections primaires au sein de Kadima comme l'exigeait M. Barak d'ici le 25 septembre. Entre temps, le parti travailliste s'abstiendra de s'associer aux efforts de l'opposition de droite pour faire tomber le gouvernement. Le conseil de direction de Kadima doit se réunir avant le 10 juillet pour fixer la date définitive des primaires qui doivent désigner le prochain dirigeant du parti. Le Likoud, principal parti d'opposition, n'avait pas encore décidé avant le début, mercredi, de la session parlementaire s'il maintenait ou retirait le projet de loi de dissolution. Mais celui-ci n'a plus aucune chance d'être adopté sans le vote travailliste.
La réunion de Kadima aura lieu quelques jours avant que l'homme d'affaires américain Morris Talensky, qui a affirmé avoir remis des enveloppes remplies de dollars à Ehud Olmert et à sa secrétaire, soit entendu par la justice dans le cadre d'un contre-interrogatoire mené par les avocats du Premier ministre. Dimanche, M. Olmert avait menacé de limoger "dans les 48 heures" les ministres travaillistes qui voteraient la dissolution. Le lendemain, la grande majorité des députés travaillistes avaient annoncé leur intention de passer outre.
Une dissolution du Parlement aurait provoqué la tenue d'élections anticipées. La législature actuelle s'achève fin 2010. Sans le soutien des 19 députés travaillistes, la coalition gouvernementale de M. Olmert aurait perdu la majorité de 61 députés. Début juin, M. Barak avait affirmé que sa formation voterait en faveur de la dissolution si Ehud Olmert ne se retirait pas. Il avait toutefois fait savoir qu'il était prêt à rester au sein de la majorité si Kadima choisissait un nouveau chef pour exercer les fonctions de Premier ministre.
M. Olmert a clamé son innocence tout en reconnaissant avoir reçu de l'argent de M. Talensky. Il n'a pas exclu de se représenter lors de prochaines primaires de Kadima afin de se succéder à lui-même. Un des ses proches, le ministre de l'Habitat Zeev Boïm, a évoqué ce scénario en expliquant à la radio publique que la décision de se présenter "dépend uniquement d'Ehud Olmert". Hanan Cristal, commentateur politique de la radio publique a écarté une telle hypothèse.
"Il a perdu sa légitimité populaire. Mais il a gagné du temps, il va pouvoir continuer à s'occuper durant l'été de la Syrie, du Hezbollah et du Hamas", a-t-il souligné. Il faisait allusion à la reprise des discussions indirectes entre Israël et la Syrie par l'intermédiaire de la Turquie, ainsi qu'aux contacts noués avec la milice chiite libanaise du Hezbollah en vue de récupérer deux soldats israéliens enlevés en 2006.
Le Premier ministre tente également d'obtenir la libération du soldat Gilad Shalit détenu par le Hamas dans la bande de Gaza où une fragile trêve des violences a été conclue jeudi dernier entre Israël et le mouvement islamiste. Des premiers accros ont eu lieu mardi avec des tirs de roquettes palestiniennes pour venger la mort d'activistes tués en Cisjordanie par l'armée israélienne. (belga/7sur7)