José Laboureur et son avocat Francis Lec.
Le procès du professeur de technologie de Berlaimont (Nord), jugé pour avoir giflé un élève de 11 ans qui l'avait traité de "connard", a débuté mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-Sur-Helpe (Nord). José Laboureur, 49 ans, enseignant au collège Gilles-de-Chin, comparaît pour "violences aggravées".
Le 28 janvier en plein cours, il avait jeté à terre les affaires de l'élève qui refusait de les enlever d'une table, puis avait plaqué le mineur à un mur. Ce dernier avait alors traité de "connard", en le fixant des yeux, le professeur qui l'avait giflé en retour, puis à nouveau plaqué au mur. Le père de l'adolescent, gendarme, avait déposé plainte, entraînant le placement en garde à vue du professeur pendant 24 heures. L'élève, auquel aucune incapacité totale de travail (ITT) n'avait été délivrée après la gifle, avait été exclu trois jours de sa classe de 6e après l'incident.
L'affaire avait suscité de nombreuses réactions. Une pétition de soutien à l'enseignant lancée par le Snalc-CSEN a notamment recueilli 26.000 signatures, selon le syndicat, et le Premier ministre François Fillon avait également manifesté son "soutien" au professeur. Ce dernier, qui encourt 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, n'a fait aucun commentaire à son arrivée au tribunal mercredi. L'élève n'est pas présent et est représenté par son avocat à l'audience qui a débuté peu avant 14H00. Une dizaine d'enseignants, du Snes et du Snalc-CSEN notamment, sont venus soutenir leur collègue au tribunal, a constaté un journaliste de l'AFP.
Laurent Marconcini, vice-président du Snalc-CSEN, traditionnellement classé à droite, a estimé que la place de M. Laboureur n'était "pas dans un tribunal" et dénoncé la "pression incessante" exercé sur les professeurs notamment par les élèves et les parents d'élèves. Le professeur de technologie, qui avait reconnu un "geste malheureux", avait d'abord accepté la procédure de "plaider-coupable" avant d'y renoncer, expliquant vouloir un procès public pour se défendre.
L'homme a également reconnu avoir des "problèmes d'alcool" et vouloir se "soigner" pour ça, mais affirmé n'avoir pas bu le matin de l'incident. Fin mars, il a été condamné à un mois de prison avec sursis et cinq mois de suspension de permis pour conduite en était d'ébriété après avoir été interpellé le 22 février avec 1,42 g d'alcool dans le sang. (afp)


