Mugabe maintient le 2e tour envers et contre tous

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Par: rédaction
26/06/08 - 17h08

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe tenait jeudi son dernier meeting de campagne à la veille du second tour d'une élection présidentielle jugée non crédible par l'Occident et l'Afrique australe après le retrait du chef de l'opposition.

Ignorant les pressions de l'ONU, de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et même de Nelson Mandela, héros comme lui de la lutte contre la suprématie blanche, Robert Mugabe se préparait au scrutin dont il espère tirer légitimité pour rester au pouvoir.

A la veille du scrutin, le chef de l'Etat, 84 ans, maintenait le vote en dépit du retrait de la course du chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui a expliqué avoir renoncé face au déchaînement de violences depuis les élections générales du 29 mars. Le président devait s'adresser jeudi aux Zimbabwéens dans un fief de l'opposition, à Chitungwiza, près de Harare.

La veille il avait appelé ses partisans à lui donner une "victoire massive" alors que dans les faits il sera seul en lice - même si la Commission électorale du Zimbabwe a refusé de retirer la candidature de son rival, affirmant qu'elle était arrivée trop tard. "Si nous échouons, le monde entier se moquera de nous", a-t-il déclaré lors d'un meeting, a rapporté jeudi le quotidien d'Etat The Herald.

Une nouvelle fois, le plus vieux président d'Afrique a affiché son indifférence aux pressions régionales - seules susceptibles de l'atteindre selon les experts. "L'amitié ne signifie pas que vous êtes responsables de notre pays (...) Non!", a-t-il lancé visiblement à l'adresse de ses pairs de la SADC.

La SADC avait réuni d'urgence mercredi sa commission de sécurité (Swaziland, Angola, Tanzanie) et exhorté Robert Mugabe à "reporter le vote", estimant que la situation ne permettait pas la tenue d'un scrutin "libre et équitable". La crise au Zimbabwe doit aussi être au centre d'une réunion la semaine prochaine en Egypte de l'Union africaine, qui a jusque-là dit son inquiétude sans trouver les moyens d'adopter une action concertée.

Mercredi, lors d'une sortie aux accents dramatiques de l'ambassade des Pays-Bas à Harare où il est réfugié, Morgan Tsvangirai a imploré l'Afrique à "une action maintenant". L'ancien syndicaliste de 56 ans, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, a demandé à l'UA et à la SADC d'aider à mettre en place un "mécanisme de transition" et appelé au déploiement de "troupes armées de maintien de la paix". Il a prôné un "règlement politique négocié" mais exclu toute discussion avec un gouvernement formé après le second tour, suggérée par le président sortant, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980.

Mais l'absence remarquée à la réunion de la SADC du président angolais, Jose Eduardo dos Santos, un proche de l'homme fort d'Harare, et de son homologue sud-africain Thabo Mbeki, chargé par l'Afrique australe d'une médiation au Zimbabwe, a une fois de plus montré les divisions au sein de la région. Une partie des leaders du bloc a souhaité à titre privé la mise en place d'un gouvernement d'union mais d'autres ont du mal à abandonner une solidarité héritée de la lutte pour l'indépendance.

Robert Mugabe a également exprimé son mépris face aux appels de l'Occident qui, comme le Conseil de sécurité de l'ONU, a jugé impossible la tenue d'un scrutin libre et crédible dans les conditions actuelles. A Londres et Washington, il a demandé de se taire: "Nous ne voulons plus entendre la Grande-Bretagne parler de notre pays, ils n'ont rien à voir avec nous, nous ne voulons plus entendre de commentaires des Américains". Mercredi, le président George W. Bush a qualifié le scrutin "d'imposture" et le Royaume-Uni a retiré au président zimbabwéen son titre de chevalier, attribué à titre honoraire, en raison de son "mépris abject" pour la démocratie. (afp)

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