Le président colombien Alvaro Uribe a demandé jeudi au Congrès lors d'une allocution télévisée de convoquer immédiatement de nouvelles élections présidentielles anticipées.
"Je convoquerai le Congrès de la République pour qu'il engage avec la plus grande célérité un projet de loi pour un référendum" qui appelle les Colombiens à de nouvelles élections présidentielles, a déclaré le chef de l'Etat. Par ailleurs, Alvaro Uribe a accusé la Cour Suprême de justice d'abus de pouvoir.
M. Uribe a fait ce discours à la nation quelques heures après que la Cour suprême eut ordonné de réviser la réforme constitutionnelle qui a permis sa réélection en 2006, ce qui l'empêcherait de se présenter à la présidence pour la troisième fois consécutive. En Colombie avant la présidence d'Uribe, la Constitution ne permettait pas à un chef d'état d'effectuer deux mandats successifs.
La décision de la Cour suprême est intervenue à la suite de la condamnation d'une ex-congressiste qui a confessé avoir été corrompue par le gouvernement conservateur d'Uribe pour voter en faveur de l'actuel chef de l'Etat lors des dernières élections de 2006. Le parti libéral (opposition) a immédiatement accusé Alvaro Uribe de vouloir "provoquer une crise institutionnelle".
"Ce qui se passe est très préoccupant. Cette annonce est très grave car c'est une attitude de défi du président face à la justice. Le gouvernement a réagi à chaud et tente de provoquer une crise institutionnelle", a estimé Cecilia Lopez, porte-parole du parti libéral au Sénat.


