UE et Russie appellent à renforcer la coopération malgré les obstacles

sauvegarder
Par: rédaction
27/06/08 - 11h19
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Dimitri Medvedev, président russe.

Les dirigeants de l'UE et le nouveau président russe Dmitri Medvedev ont appelé vendredi à un renforcement de leur coopération dans tous les domaines, malgré les difficultés qui s'annoncent pour arriver à un accord stratégique entre les deux blocs. "Nous aimerions aller de l'avant, donner une nouvelle impulsion à nos relations et surmonter tous les problèmes qui apparaissent sur le chemin de notre rapprochement", a déclaré M. Medvedev à l'ouverture de l'unique séance de travail de ce sommet entre Européens et Russes à Khanty-Mansiisk, en Sibérie occidentale.

"Nous ressentons vivement la nécessité d'une coordination conjointe, avec l'Union européenne, de nos efforts pour parer les menaces (dans le monde) et de nos réponses aux défis qui caractérisent aujourd'hui la situation internationale", a ajouté le président russe, qui rencontrait pour la première fois les dirigeants européens depuis son arrivée au pouvoir en mai. Ce sommet doit permettre d'"ouvrir un nouveau chapitre" dans les relations UE/Russie, a déclaré pour sa part le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Il faut "voir comment nous pouvons travailler plus efficacement ensemble sur la scène internationale, que ce soit au Moyen Orient, en Iran ou en Afghanistan", a-t-il ajouté.

M. Barroso a immédiatement fait allusion à plusieurs domaines sensibles dans les relations entre les deux blocs: "conflits gelés", comme celui autour de la république séparatiste d'Abkhazie en Géorgie, commerce, alors que les pourparlers en vue de l'adhésion de la Russie à l'OMC s'éternisent, et énergie, un volet particulièrement sensible pour les Européens. "La Russie restera le fournisseur énergétique clé de l'UE et l'UE restera le plus important débouché à l'exportation de la Russie. Cela crée une base forte d'interdépendance et une situation qui peut être gagnant-gagnant pour nous deux", a affirmé M. Barroso.

Ces dossiers sensibles devraient être abordés dans le nouvel accord stratégique sur lequel des négociations vont commencer le 4 juillet. Les deux parties restent toutefois en désaccord pour l'heure sur la portée de ce futur partenariat. "Nous avons convenu au sommet de Sotchi (en 2006) que cet accord serait un accord cadre, court et sans trop de détails. Il doit prévoir un développement graduel des accords sectoriels sur la coopération avec l'UE", a ainsi affirmé M. Medvedev. Des diplomates européens expliquent au contraire ne pas vouloir négocier séparément d'accords sectoriels, sur l'énergie ou le commerce par exemple, car cela leur ferait "perdre toute marge de manoeuvre".

Les Européens peinent aussi à convaincre les Russes de ne pas continuer à privilégier les relations bilatérales avec certains pays membres de l'UE - comme la France et l'Allemagne - aux dépens de relations avec l'Union toute entière. "La Russie doit comprendre (...) que c'est le rôle de l'Union européenne de défendre l'Union dans sa totalité", a indiqué M. Barroso, tout en reconnaissant que l'UE était "une créature sophistiquée" parfois "difficile à gérer" pour ses partenaires.

"Mais au moins quand nous disons 'oui', c'est 27 pays qui disent oui, il ne devrait pas y avoir d'impatience lorsqu'un problème particulier apparaît dans un ou l'autre pays membre", a ajouté M. Barroso.
Les 27 ont mis effectivement longtemps à s'entendre sur un mandat permettant de lancer ces négociations sur un accord stratégique, en raison de réserves polonaises et lituaniennes. L'élargissement de l'UE à ces ex-pays communistes d'Europe centrale a coïncidé avec le début de relations plus conflictuelles avec Moscou. (belga)

Votre avis nous intéresse!