La Géorgie a proposé à la Russie de "partager les sphères d'influence" dans la république séparatiste pro-russe d'Abkhazie et serait prête en contrepartie à renoncer à entrer dans l'Otan, a affirmé vendredi le quotidien russe Kommersant. Selon des sources diplomatiques russes et géorgiennes, citées par le journal, la Russie verrait s'attribuer une vaste "zone d'influence", tandis que celle de la Géorgie serait beaucoup plus petite.
Selon le projet de Tbilissi, présenté lors d'une rencontre récente à Moscou entre des responsables de haut rang de la diplomatie russe et géorgienne, Grigori Karassine et Grigol Vachadzé, l'Abkhazie garderait formellement un statut de "large autonomie au sein de la Géorgie unie", mais resterait en fait en partie indépendante, indique Kommersant. Ainsi, "tous les participants pourront atteindre leurs buts, en sauvant la face", estime Kommersant.
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili "pourra annoncer solennellement qu'il a fait revenir l'Abkhazie dans le giron" de la Géorgie, l'Abkhazie "se garantira une indépendance réelle de Tbilissi" et la Russie sera "récompensée" par "le renoncement de la Géorgie à ses aspirations d'entrer dans l'OTAN", explique le journal.
Les relations russo-géorgiennes se sont fortement tendues ces derniers mois, particulièrement après la décision de Moscou, annoncée en avril, de renforcer ses liens avec les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Tbilissi accuse Moscou de chercher à annexer ces régions. Les incidents se sont multipliés ces deux derniers mois entre les deux pays, qui s'accusent mutuellement de vouloir la guerre. (belga)


