Les Etats-Unis ont retiré leurs armes nucléaires stationnées sur la base britannique de Lakenheath, mettant fin à plus de cinquante ans de présence de tels engins sur le sol du Royaume-Uni, a indiqué vendredi un expert de la Fédération des scientifiques américains (FAS).
Ce retrait, qui n'"a pas été annoncé officiellement" mais est "confirmé par plusieurs sources", fait suite au départ des bombes stationnées sur les bases aériennes de Ramstein (Allemagne) en 2005 et d'Araxos (Grèce) en 2001, a souligné Hans Kristensen, un expert de cette ONG faisant autorité en la matière.
"Le retrait d'armes nucléaires de trois bases en moins d'une décade mine l'argument du maintien du déploiement (de tels engins, des bombes de type B-61) dans les autres pays européens" - dont la Belgique qui en abrite, a ajouté M. Kristensen sur le site internet de la FAS. Cet expert avait révélé la semaine dernière que selon une enquête interne menée par l'US Air Force "la plupart des sites" abritant des armes nucléaires américaines en Europe ne satisfont pas aux normes de sécurité fixées par le Pentagone.
Selon lui, des armes nucléaires américaines se trouvaient sur le sol du Royaume-Uni depuis septembre 1954. La base de Lakenheath, qui accueille des chasseurs-bombardiers F-15E Strike Eagle, abritait jusqu'à 110 bombes B-61. Le retrait de ces armes signifie que deux tiers des engins résiduels (de 150 à 240 B-61 au total) se trouvent sur deux bases américaines du flanc sud de l'OTAN, à savoir Aviano (nord de l'Italie) et Incirlik en Turquie. Le solde est hébergé par quatre autres bases "nationales": Kleine-Brogel (Belgique), Büchel (Allemagne), Volkel (Pays-Bas) et Ghedi Torre, dans le nord de l'Italie.
Sur ses bases européennes, l'US Air Force Europe (USAFE) stocke ses 200 à 350 bombes B-61 dans des abris souterrains appelés WS3 (Weapon Storage and Security System), dont une rare photo a été publiée la semaine dernière sur le site de la base de Spangdahlem (Allemagne) à l'occasion d'une visite à Kleine-Brogel et à Volkel, le 11 juin, du commandant de l'USAFE, le général Roger Brady.
La base belge et son équivalente néerlandaise abritent toutes deux des chasseurs-bombardiers F-16 à "double capacité" (conventionnelle et nucléaire), de l'aveu même des deux gouvernements. M. Kristensen rappelle enfin des propos tenus par l'ancien commandant en chef des forces de l'OTAN en Europe (SACEUR), le général James Jones, devant le Sénat belge, lorsqu'il avait annoncé voici plusieurs années une réduction "significative" du nombre d'armes nucléaires américaines en Europe, ajoutant en substance qu'une "bonne nouvelle était à venir". (belga)


