Condoleezza Rice en Corée du Sud pour discuter du nucléaire nord-coréen

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est arrivée samedi en Corée du Sud pour une visite en grande partie consacrée à la Corée du Nord qui a affiché des signes de son engagement à se dénucléariser.
Mme Rice, en provenance du Japon où elle participait à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, doit s'entretenir avec son homologue sud-coréen Yu Myung-Hwan.
Elle rencontrera ensuite le président Lee Myung-Bak avant de s'envoler, tôt dimanche, pour la Chine dans le cadre de sa tournée asiatique.
Les discussions à Séoul seront axées sur les avancées du dossier nucléaire nord-coréen et la reprise des négociations à six pays (Corée du Sud, Corée du Nord, Chine, Etats-Unis, Japon, Russie) sur le désarmement du Nord, au point mort depuis neuf mois.
Elles pourraient reprendre dès juillet à Pékin, proche allié de Pyongyang et pays hôte de ces tractations au long cours entamées en août 2003.
La Corée communiste a remis jeudi un inventaire de ses activités atomiques, élément capital d'un accord conclu en 2007 avec les cinq pays avec lesquels elle négocie sa dénucléarisation.
Elle a également fait un geste symbolique en procédant, le lendemain, à la destruction à la tour de refroidissement de son principal réacteur nucléaire de Yongbyon, situé à environ 100 km au nord de la capitale nord-coréenne et mis hors service en juillet 2007.
Ces signes tangibles adressés par le Nord, puissance atomique militaire depuis le 9 octobre 2006, ont été salués par la communauté internationale. Le président américain George W. Bush a annoncé engager le processus de levée de sanctions tout en avertissant Pyongyang que ces gestes restaient subordonnés à la poursuite du processus de dénucléarisation.
Il a notamment notifié au Congrès américain son intention de retirer dans 45 jours la Corée du Nord de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme. Cette inscription empêche le pays de recevoir des aides économiques américaines et bloque des prêts d'organisations internationales.
Mais la Maison Blanche a souligné que le régime communiste, qui a bafoué nombre d'engagements internationaux par le passé, avait encore "beaucoup à faire".
Les Etats-Unis soupçonnent Pyongyang d'avoir engagé un programme d'enrichissement d'uranium, veulent l'assurance que le pays ne continue pas à mener des programmes nucléaires secrets.
En vertu d'un accord conclu en février 2007 avec les Etats-Unis, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Russie, la Corée du Nord s'est engagée à désactiver, puis à démanteler ses installations nucléaires contre une aide d'un million de tonnes équivalent-pétrole, vitale pour ce pays de 23 millions d'habitants souffrant de pénuries chroniques.
La Corée du Nord disposerait de 45 à 65 kilos de plutonium et serait en mesure de produire 12 bombes, considèrent les experts. (afp/7sur7)