Le syndicat des journalistes iraniens sous la pression du gouvernement

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Par: rédaction
28/06/08 - 19h56

Le syndicat des journalistes iraniens a annoncé samedi qu'il allait lancer des poursuites judiciaires à l'encontre du ministère du Travail après une décision qui pourrait conduire à sa fermeture.

Plus tôt cette semaine, le ministère du Travail avait déclaré l'association "bonne pour la dissolution" en raison, selon lui, d'irrégularités dans l'élection du conseil d'administration. La décision est "politiquement motivée", a accusé le chef de l'association, Rajabali Mazrooi, insistant sur le fait que le syndicat, fondé en 1997, regroupait des journalistes de tous bords.

Indépendance
"Dans toutes les élections du syndicat, les membres ont choisi des réformateurs au conseil d'administration mais les gens du gouvernement préfèrent avoir des gens de leur propre camp parmi les directeurs", a-t-il dit. Selon lui, l'association ne peut être dissoute que par un vote de ses membres, par une décision de justice, ou si elle ne parvient à tenir, dans les six mois, des élections après l'expiration du mandat du conseil.

"L'association continuera ses activités et portera l'affaire devant la justice", a poursuivi M. Mazrooi, soulignant que le syndicat, qui regroupe 4.000 membres, était indépendant. Le ministère du Travail a indiqué avoir décelé des irrégularités dans le processus de choix de l'actuel conseil, élu en 2006 lors d'une troisième séance après avoir échoué à deux reprises faute du quorum nécessaire.

Pression
Selon ses dirigeants, l'association a rencontré des obstacles pour promouvoir les demandes de ses membres, comme l'assurance maladie, depuis l'arrivée au pouvoir de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2005.

Selon un membre du conseil, le journaliste réformiste Ahmad Zeidabadi, "le gouvernement veut voir l'association devenir une instance politique qui (...) promeut la politique de la République islamique". Le paysage médiatique iranien, qui comprend de nombreux journaux, sites internet et agences de presse de toutes couleurs politiques, a été la cible de plusieurs ordres de fermeture sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

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