La fusillade de Carcassonne "à 99,9% involontaire"

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Par: rédaction
30/06/08 - 10h00

Le drame survenu dimanche à Carcassonne, où 17 personnes ont été blessées par des tirs à balles réelles, relève "à 99,9% d'une faute non volontaire", a déclaré lundi le colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-terre (Service d'informations de l'armée de terre).

"Dans l'état actuel de l'analyse par l'autorité militaire et sans préjuger des résultats de l'enquête, il s'agit à 99,9% d'une faute non volontaire due à un mélange de munitions réelles et à blanc", a indiqué le colonel Royal. Selon lui, des munitions à balles réelles ont été "conservées indûment". Il s'agit désormais de la "thèse privilégiée" par l'armée de terre, a-t-il ajouté.

Balles réelles
Le colonel Royal a fait valoir que des munitions à balles réelles ne pouvaient être perçues par les militaires que dans trois cas: les exercices réalisés précisément à balles réelles sur un champ de tir ou dans un stand de tir, les gardes autour de points sensibles ou les patrouilles "vigipirate".

Dix-sept personnes, dont quinze civils et deux militaires, ont été blessées dimanche, dont quatre grièvement, lorsqu'un militaire a ouvert le feu à balles réelles pour une raison inexpliquée lors d'une journée portes ouvertes dans une caserne de Carcassonne. Quatre des dix-sept personnes blessées sont sorties de l'hôpital dans la nuit de dimanche à lundi.

Enfants
Ces quatre blessés légers étaient hospitalisés à la clinique Montréal de Carcassonne, avec deux autres blessés, dont l'un, ayant reçu une balle dans la jambe et une autre dans le bassin, a été opéré dans la nuit, son état étant à présent jugé "satisfaisant". Cinq autres blessés sont hospitalisés à l'hôpital de Carcassonne.

Une fillette de 6 ans, hospitalisée au CHU de Carcassonne et atteinte à l'avant-bras et à l'épaule gauche, a également subi une intervention dans la nuit. Son état est qualifié de "stable". Un garçonnet de trois ans, souffrant d'une fracture de l'humérus droit et hospitalisé à Toulouse, a été opéré dans la nuit et son état est "stabilisé".

Geste criminel?
Sur les 17 blessés, dont 5 enfants, 15 sont des civils et 2 des militaires. "Le drame a eu lieu sur une sorte de rectangle, recouvert de gravier, tout de suite à l'entrée de la caserne, à gauche de la porte d'entrée", selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Il s'est produit lors d'une démonstration de libération d'otages du Groupe de commandos parachutistes du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine. L'auteur des coups de feu, un sergent, a été placé en garde à vue. "La question qui se pose est: est-ce-que le militaire a fait un geste criminel ou pas?. Pour l'instant, personne ne peut y répondre", a souligné le préfet.

"La thèse qui prédomine, c'est qu'il y a eu erreur, sous réserve des investigations qui sont engagées par la gendarmerie", a-t-il ajouté. Interrogé sur le comportement de l'auteur des coups de feu, le ministre de la Défense Hervé Morin, qui s'est rendu dimanche soir au chevet des victimes, a déclaré: "Selon le début de l'enquête, il s'agit d'un militaire parfaitement noté, rentrant d'opération, avec sept à huit années d'expérience.

Pas de troubles
Il n'existe pas d'éléments permettant de penser qu'il y a eu chez lui un quelconque trouble de comportement, ou trouble psychologique". Selon une source de la gendarmerie nationale, "des armes ont été saisies et mises sous scellé, et les auditions de plusieurs personnes ont débuté". "Toutes les hypothèses sont envisagées", a ajouté cette source.

M. Sarkozy a annoncé qu'il attendait "au plus tôt le résultat des enquêtes déjà diligentées pour en tirer les conséquences qui seront exemplaires". Le Premier ministre François Fillon a demandé "à la justice de faire toute la lumière sur les raisons pour lesquelles des tirs à balles réelles se sont produits lors d'une journée de démonstration au grand public des activités de cette base." (afp)

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