Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a sonné l'alarme lundi à Genève contre le risque de famine en Somalie. Les combats, la sécheresse et la flambée des prix alimentaires sont les causes d'un état de malnutrition avancé au sein de la population.
"Sans une aide alimentaire d'urgence de la part de la communauté internationale, une famine comme celle de 1992 est fort probable", a déclaré le chef de délégation du CICR, Pascal Hundt, lors d'un point de presse. L'organisation a pu constater les premiers signes de malnutrition dans les cliniques du pays. Elle a commencé à distribuer cette semaine 35 000 tonnes de vivres destinés à un demi-million de personnes.
Le manque de sécurité représente un deuxième problème important en Somalie, selon M. Hundt. Dans la capitale Mogadiscio, où se tient l'armée éthiopienne, les combats sont réguliers, a-t-il constaté. Les rebelles islamistes ou nationalistes ont pris possessions de trente villes entre janvier et avril de cette année.
"Lorsque j'ai pris mon poste à la tête de la délégation en avril 2005, les conflits étaient pour la plupart claniques ou avaient pour source la répartition des terres et de l'eau", a expliqué M. Hundt. "Mais depuis que les troupes éthiopiennes sont venues soutenir le gouvernement de transition somalien dans sa lutte contre les rebelles il y a deux ans, le conflit s'est polarisé", a-t-il ajouté.
Et la pression s'est également accentuée sur les organisations humanitaires: "le concept d'un travail humanitaire indépendant et neutre est de moins en moins compris par les parties en conflit", a souligné M. Hundt. Ainsi, trois membres de l'organisation Médecins sans Frontières (MSF) ont été tué dans un attentat ce printemps dans la ville portuaire de Kismayo (sud).
"En Somalie, la culture de l'impunité règne. Il n'y a pas de loi et la population en paie le prix fort", a déploré M. Hundt. Des centaines de milliers de personnes ont fui le pays et, depuis décembre 2006, on estime à environ 500 000 le nombre d'individus ayant quitté Mogadiscio.
Le CICR est présent en Somalie avant tout à travers le Croissant-Rouge somalien. Il compte sur trente collaborateurs locaux et une vingtaine de délégués, qui vivent à Nairobi, la capitale kenyane. (belga)


