Le général d'armée Bruno Cuche.
Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général d'armée Bruno Cuche, a présenté mardi, deux jours après la fusillade de Carcassonne, sa démission au président Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'Etat, également chef des Armées, "entend que les armées en tirent toutes les conséquences quant à leur organisation et leur fonctionnement". Le ministre de la Défense Hervé Morin avait demandé mardi matin des "sanctions immédiates", "sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaire et de commandement".
"Le ministre a demandé au chef d'état-major de l'armée de terre, sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaire et de commandement, de lui proposer à titre conservatoire des sanctions immédiates pour les responsables impliqués dans les dysfonctionnements constatés", a déclaré le ministère.
Un accident
La fusillade dimanche à la caserne de Carcassonne a fait 17 blessés par balles. L'enquête judicaire privilégie une "erreur humaine" et "un acte involontaire" de la part du tireur, qui devrait être mis en examen mardi pour "blessures involontaires".
Le sergent de 28 ans du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (3e RPIMa), qui avait ouvert le feu à balles réelles sur le public lors d'une journée portes ouvertes dimanche, était toujours en garde à vue mardi. Ce "dramatique accident", poursuit le ministère, "fait apparaître dès à présent des manquements graves dans l'utilisation des munitions et la sécurité des démonstrations lors des journées portes ouvertes dans les régiments".
Erreur
Pour la justice, qui dispose de plusieurs films du drame, dont un tourné "en temps réel" par un militaire, l'"erreur humaine" ne fait aucun doute. Le sergent, dont le test d'alcoolémie s'est révélé négatif, s'est trompé entre balles réelles et munitions à blanc "lorsqu'il a rechargé son arme". Il avait sur lui plusieurs chargeurs.
"Le malheur a voulu qu'il choisisse par réflexe un chargeur qui était dans une poche et qui malheureusement contenait des balles réelles". Ces balles provenaient "d'un résidu de tirs d'une opération qui remontait à fin juin. Il n'est pas normal qu'il les ait eues sur lui", a-t-il poursuivi. L'exercice des parachutistes du 3e RPIMa consistait à "extraire un otage".
Dirigé vers le public
"Il y a eu à chaque fois quatre militaires qui tiraient à balles à blanc. Tout s'était très bien déroulé jusqu'à la malheureuse sixième représentation" de la journée, a rappelé le procureur. Les soldats reculaient deux par deux, a-t-il expliqué, et c'est en se retirant que le sergent a dirigé son arme contre un adversaire potentiel. La justice devra notamment éclaircir la raison pour laquelle "le supposé ennemi est sorti de la foule au milieu notamment de jeunes enfants qui étaient dans des poussettes", a ajouté M. Robin.
"Sur le coup, les gens tombaient, on a cru que ça faisait partie de l'exercice, et puis on a vu du sang!", a raconté un témoin. "Immédiatement, un responsable a crié au micro depuis le camion-sono: Arrêtez le feu!", a poursuivi ce témoin. Cinq enfants figurent parmi les blessés dont un garçonnet de 3 ans touché au coeur et au bras. Sur les 17 blessés, 15 sont des civils et deux des militaires.


