La Haute cour de justice israélienne a rejeté mardi un appel visant à retirer la carte de presse de Charles Enderlin, journaliste de la chaîne de télévision France 2 à la suite d'un reportage controversé sur la mort filmée à Gaza du jeune Palestinien Mohammed al-Doura. Les images du garçon de 12 ans dans les bras de son père tentant de le protéger de tirs le 30 septembre 2000 au début de l'Intifada sont devenues une icône de la répression israélienne notamment dans le monde arabe.
Une association juridique marquée à droite, Shurat HaDin, qui accuse Charles Enderlin d'avoir mis en scène cette mort, avait exigé que le Bureau de presse gouvernemental lui retire sa carte. En première instance, un tribunal avait rejeté cette demande. La Cour suprême, siégeant en tant que Haute cour de justice, a confirmé cette décision. "Il n'y a pas lieu d'intervenir dans la décision de ne pas retirer la carte de presse", a indiqué la présidente de la Cour suprême Dorit Beinish, dans les attendus de l'audience.
La plus haute instance juridique israélienne a toutefois souligné que sa décision "n'implique pas une prise de position concernant la fiabilité du reportage. Ces questions ont été discutées et le seront peut-être dans un autre cadre à l'avenir". La Cour suprême a également rappelé que le directeur de bureau de presse du gouvernement Daniel Seaman avait admis qu'à supposer que le reportage soit "une falsification ou une mise en scène", il ne disposait pas du pouvoir de retirer sa carte de presse à Charles Enderlin. (belga)


