Le Parlement européen a décidé d'affréter à l'avenir pour chacune de ses sessions plénières à Strasbourg un TGV spécial pour transporter les députés européens et leurs collaborateurs vers la capitale alsacienne.
Ce premier TGV Bruxelles-Strasbourg sans escale partira le lundi 7 juillet peu avant 10h00 pour revenir jeudi en fin d'après-midi, juste après la fin de la session plénière. Il ne sera accessible qu'aux seuls députés européens, collaborateurs et autres fonctionnaires européens.
Composé d'une double rame, ce TGV offrira un peu plus de 750 places. Il remplacera trois des quatre avions charter que le Parlement affrètait jusqu'ici chaque mois pour transporter ses membres et son personnel. Ce transfert de l'avion au profit du train devrait réduire par dix le niveau de CO2 émis par passager et générer en plus un léger gain financier par rapport à l'avion dont le coût est lié directement à celui des produits pétroliers actuellement en hausse.
Nouvelle ligne
Ce nouveau service TGV reliera directement Bruxelles à Strasbourg par le contournement de Paris et la nouvelle ligne TGV-Est, plaçant les deux villes sièges de l'UE à 3h40 de distance, contre plus de 5h30 pour l'actuelle ligne commerciale non TGV Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg-Bâle.
En vertu d'une décision des gouvernements de l'Union européenne, les activités du Parlement européen sont partagées entre Bruxelles et Strasbourg, où les députés ne travaillent que quatre jours par mois, entraînant dans leur transhumance mensuelle quelque 2.000 fonctionnaires européens et journalistes, ainsi que des tonnes documents de travail transportés en camions.
Surcoût
Selon des chiffres du Parlement lui-même, ce dédoublement du siège entraîne un surcoût de l'ordre de 200 millions d'euros par an pour le budget européen. Selon des estimations avancées par le groupe de Verts, cette transhumance mensuelle engendre en outre l'émission de quelque 20.000 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent des allers-retours de 13.000 personnes en avion entre Londres-New York, ce qui alourdit considérablement l'empreinte écologique de l'institution.
Ce surcoût et cette pollution ont donné du grain à moudre ces derniers mois aux partisans d'un regroupement du Parlement européen à Bruxelles. Une pétition sur internet a d'ailleurs récolté plus d'un million de signatures en ce sens, mais le président français Nicolas Sarkozy a, dès son investiture, écarté tout abandon de Strasbourg.


