L'organisation Human Rights Watch (HRW) accuse la France de violer les droits de l'Homme dans sa lutte antiterroriste, dans un rapport publié mercredi qui évoque de "longues périodes de détention provisoires" et des "violences physiques" pendant les interrogatoires.
"La France se montre trop empressée à sacrifier les droits de l'Homme sur l'autel de l'efficacité. Pour être un vrai leader, elle devrait respecter les droits tout en s'opposant au terrorisme", estime l'auteur du rapport, Judith Sunderland.
Violences
"Les témoignages de personnes placées en garde à vue sur présomption d'implication dans le terrorisme semblent indiquer que la privation de sommeil, la désorientation, les interrogatoires constants et répétitifs ainsi que les pressions psychologiques lors de la garde à vue sont monnaie courante", indique HRW.
"Des allégations crédibles font état de violences physiques commises par la police française sur des personnes soupçonnées de terrorisme pendant la garde à vue", ajoute l'organisation dans ce rapport, fruit d'une enquête réalisée entre juillet 2007 et février 2008. Dans ce document intitulé "La justice court-circuitée: les lois et procédures antiterroristes en France", l'ONG met aussi en cause une "présomption en faveur de la détention" et des placements en détention "pendant de longues périodes".
Abus
Elle met en garde contre "les abus" commis dans la lutte contre le terrorisme islamiste, "qui risquent de servir à radicaliser des personnes déjà sensibles aux vues extrémistes, pour des raisons personnelles, socio-économiques ou politiques".
HRW appelle le gouvernement français à "affiner" sa définition du délit d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", qu'elle juge trop "large", et à "améliorer les protections pendant la garde à vue". L'organisation s'inquiète aussi de "l'utilisation de preuves obtenues de pays tiers où la torture et les mauvais traitements sont courants", et exhorte la France à considérer ces preuves comme "irrecevables".


