Les autorités belges ignorent si Protais Mpiranya, l'ancien chef de la Garde présidentielle rwandaise lors du génocide de 1994, un des accusés les plus recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), se trouve au Zimbabwe, comme l'a affirmé la presse, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.
"Nous ne sommes pas au courant du fait qu'il se trouverait au Zimbabwe. Nous n'avons pas eu de confirmation du tribunal (pénal international pour le Rwanda, TPIR) d'Arusha ni de nos services de renseignement", a-t-il déclaré en commission des relations extérieures de la Chambre.
M. De Gucht a en revanche assuré que la Belgique "était au courant" de l'implication de Protais Mpiranya dans les événements à Kigali - le meurtre des dix Casques bleus belges, le 7 avril 1994, ainsi que la planification du génocide, qui a fait quelque 800.000 morts selon l'ONU.
"Il faut respecter la présomption d'innocence mais il y a quand même pas mal de preuves dans ce dossier. M. Mpiranya est recherché par le tribunal d'Arusha", a ajouté le chef de la diplomatie belge en réponse à des questions des députés Patrick Moriau (PS) et Francis Van den Eynde (Vlaams Belang).
L'hebdomadaire britannique 'Sunday Times', citant "plusieurs sources aux Nations Unies", avait rapporté début juin que Protais Mpiranya, qui était commandant de la garde présidentielle en 1994 et qui est tenu pour responsable principal de l'assassinat des dix para-commandos belges, mène une vie paisible au Zimbabwe.
"Ce sont ces liens avec des officiers zimbabwéens, dont certains ont monté leur propre compagnie dans le but de piller les richesses du Congo, qui lui permettent d'être en sécurité au Zimbabwe", ajoutait l'hebdomadaire.
M. De Gucht a rappelé que le Conseil de sécurité des Nations Unies avait appelé le 4 juin dernier tous les États concernés à coopérer pleinement avec les tribunaux en vue d'arrêter ces personnes et de les transférer à La Haye ou à Arusha.
"Il va de soi, à nos yeux, que cela concerne également le Zimbabwe dont nous devons constater avec regret le manque général de collaboration avec le tribunal d'Arusha. Nous pouvons nous attendre à ce que cette situation ne change pas après les élections" - qui ont conduit à la reconduction du président Robert Mugabe -, a-t-il déploré.
Selon le ministre, le TPIR n'a pas, à ce stade, adressé de demande d'entraide à la Belgique concernant M. Mpiranya. "Nous n'avons pas d'informations selon lesquelles il se trouverait en Belgique. Cela m'étonnerait grandement", a conclu M. De Gucht. (belga)


