Pris à la gorge par l'augmentation des prix de l'énergie et de l'alimentation, les consommateurs européens semblent ralentir leurs achats d'autres biens, comme les voitures, l'immobilier et les vêtements.
Avec l'inflation à des niveaux records, le resserrement des conditions de crédit et la baisse de la valeur des biens immobiliers, les consommateurs se montrent d'autant moins enclins à dépenser.
La chaîne de grands magasins britannique Marks and Spencer a vu son action s'effondrer en Bourse mercredi après avoir publié un avertissement sur ses résultats et annoncé une baisse de son chiffre d'affaires en Grande-Bretagne.
"Je ne peux pas croire qu'il ne s'agisse que d'un problème propre à Marks and Spencer, c'est un ralentissement général dans la distribution", a déclaré le président du groupe Stuart Rose.
En France, la première semaine des soldes se révèle décevante, les
ventes se montrant au mieux stables par rapport à l'an dernier.
Les analystes de la banque suisse UBS estiment que le revenu disponible réel des ménages en Europe devrait être négatif cette année, leurs liquidités disponibles après les dépenses liées à l'énergie et l'alimentaire ne progressant que de 0,1% alors que l'inflation dans la zone euro sur un an a atteint 4% en juin, un record.
"Toute l'augmentation des revenus des ménages cette année va être absorbée par leurs dépenses alimentaires, d'énergie et pour les autres services publics", préviennent-ils.
Les ventes de voitures en France n'ont progressé que de 1,6% en juin par rapport au même mois de l'année précédente, après des hausses de 7,1% en mai et de 15,1% en avril.
En Espagne, la situation est encore plus critique, les ventes de voitures subissant en juin leur plus forte chute en 30 ans avec un recul de 30,8% sur un an.
En Allemagne, la Fédération du commerce de détail (HDE) a abaissé mercredi sa prévision de croissance de la consommation des ménages cette année à 1,5%, au vu d'un premier semestre inférieur aux attentes.
Le HDE attendait jusqu'alors une hausse nominale de 2% des dépenses de consommation des ménages, ce qui aurait été une véritable reprise dans un pays où elles sont chroniquement à la traîne.
"Les consommateurs sont marqués par l'idée que la croissance économique ne les atteint pas" et rechignent à la dépense, a déclaré Josef Sanktjohanser, président de la fédération. "Une autre crainte qui touche les citoyens est celle de l'inflation", a-t-il ajouté.
La hausse des prix devrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à relever jeudi son taux directeur d'un quart de point à 4,25% même si plusieurs responsables politiques ont exprimé leur crainte de voir ce resserrement porter un coup fatal à la croissance.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet semble toutefois inflexible: "Nous, banquiers centraux, portons une lourde responsabilité. Si nous ne sommes pas déterminés, alors il y a un risque que l'inflation explose", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire Die Zeit à paraître jeudi.
"Si nous agissons de façon déterminée, alors nous pouvons venir à bout de la la situation", a-t-il ajouté.
Le Danemark est devenu mardi la première économie européenne à entrer officiellement en récession avec deux trimestres consécutifs de recul de son Produit intérieur brut (PIB).
L'Irlande, qui avait connu ces dernières années une croissance vibrante, passe maintenant par une phase d'arrêt brutal avec un recul de son PIB de 1,5% au 1er trimestre.
En Italie, la croissance pour 2008 tend vers zéro, a déclaré le ministre de l'Economie Giulio Tremonti, évoquant "la grave crise économique en cours en Italie et dans le monde". (afp)
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