L'ancienne candidate à la présidentielle socialiste Ségolène Royal a estimé jeudi que le président Nicolas Sarkozy n'était "absolument pour rien" dans la libération d'Ingrid Betancourt, affirmant qu'"une récupération politique serait décalée".
"Tout le monde le sait, c'est une opération colombienne rondement menée qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien", a estimé Mme Royal en visite à Québec pour le 400e anniversaire de la ville. "Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération", a-t-elle ajouté devant un petit groupe de journalistes.
A deux reprises, M. Sarkozy avait envoyé des messages aux Farc leur demandant de libérer leurs otages et avait encouragé les pourparlers entre le président vénézuélien Hugo Chavez et la guérilla, contre l'avis de son homologue colombien Alvaro Uribe. "Je crois que c'est bien qu'il y ait aujourd'hui un rassemblement national autour de cette libération mais que les récupérations politiques seraient totalement décalées", a poursuivi Mme Royal.
"Je pense aussi que la désorganisation des Farc a permis la réussite de cette opération militaire et c'est d'abord ça qui est à l'origine de cette libération", a insisté Mme Royal candidate au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste. L'Elysée a annoncé que Nicolas Sarkozy irait accueillir vendredi après-midi, à son arrivée à Paris l'ex-otage franco-colombienne de la guérilla des Farc libérée mercredi après plus de six ans de captivité.
Aussitôt après sa libération, Mme Betancourt avait remercié depuis Bogota le président Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac et son "ami" l'ancien premier ministre Dominique de Villepin. Selon Mme Royal, Ingrid Betancourt représente "un exemple extraordinaire d'une force humaine qui dépasse et qui déplace les montagnes". Elle a salué son "courage" et celui de sa famille. (belga)


