Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, en guerre ouverte avec la magistrature depuis près de 15 ans, a accusé une nouvelle fois vendredi certains juges de "subversion", estimant que ces derniers tentent de renverser le "vote populaire" qui l'a porté au pouvoir.
Dénonçant "les attaques continues d'une certaine magistrature contre celui qui, élu par le pays, doit gouverner", M. Berlusconi a accusé ces juges de tenter "une subversion du vote des Italiens", au cours d'une conférence de presse au siège du gouvernement. M. Berlusconi a par ailleurs assuré qu'il renoncerait à tout avantage personnel pouvant découler de l'adoption par le Parlement d'une loi visant à suspendre des dizaines de milliers de procès, dont l'un où il est accusé de corruption en actes judiciaires, pour donner la priorité aux affaires les plus graves, passibles de plus de 10 ans de prison.
"Je l'ai dit, je renonce à tout avantage. Je n'ai pas besoin de nouvelles lois. Je suis le détenteur du record universel de tous les procès de l'histoire de l'humanité et de l'histoire des autres créatures qui vivent sur d'autres planètes, avec 2.500 audiences", a-t-il ajouté. "Il y a des juges qui n'acceptent pas le verdict des urnes", a-t-il conclu. Le chef du gouvernement a également dénoncé les "ragots" et la "boue" sur son compte colportés selon lui par la presse, qui a repris ces dernières semaines des écoutes téléphoniques où il recommande des actrices en parlant avec un haut responsable de la Rai, la télévision publique italienne.
Outre l'amendement sur la suspension des procès, le gouvernement Berlusconi a adopté un projet de loi sur l'immunité des quatre plus hautes charges de l'Etat. Cette attaque de Berlusconi contre la magistrature intervient alors que le quotidien de gauche La Repubblica publie vendredi une lettre ouverte signée par 100 professeurs de droit constitutionnel, dont trois ex-présidents de la Cour Constitutionnelle, exprimant "leur insurmontable perplexité concernant la légitimité constitutionnelle" de ces lois voulues par le chef du gouvernement. (belga)


