Thabo Mbeki et Robert Mugabe.
Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de l'Afrique australe dans la crise au Zimbabwe, s'est entretenu samedi à Harare avec son homologue Robert Mugabe et des représentants d'une faction minoritaire de l'opposition, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le président Mbeki a d'abord discuté brièvement, dans un bureau de la résidence présidentielle, avec Robert Mugabe. Les deux hommes ont ensuite été rejoints par trois responsables d'une faction dissidente du Mouvement pour le changement démocratique (MDC): son président Arthur Mutambara, son secrétaire général Welshman Ncube et l'adjointe de ce dernier, Priscilla Misihairibwi-Mushonga.
Le président Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980, a été investi dimanche pour un sixième mandat à la tête du Zimbabwe après un scrutin où il étai seul en lice. Le chef de la branche majoritaire du MDC, Morgan Tsvangirai, s'était retiré du second tour de la présidentielle en raison des violences contre ses partisans.
Pour sortir le pays de la crise, les deux camps se sont dits prêts au dialogue mais ne sont pas d'accord sur la base des discussions: le président Mugabe a déclaré vendredi qu'il n'engagerait le dialogue qu'à la condition que sa réélection soit reconnue. Le MDC de Morgan Tsvangirai y est totalement opposé.
Dans ce contexte, la branche minoritaire du MDC -- formée en 2005 après un désaccord sur l'opportunité de boycotter les élections sénatoriales -- semblait être courtisée par le régime. Un ancien porte-parole de la faction d'Arthur Mutambara, Gabriel Chaibva, avait assisté à la cérémonie d'investiture de Robert Mugabe et avait ensuite exhorté ses pairs à reconnaître la légitimité du chef de l'Etat.
Lors des élections législatives du 29 mars, le MDC avait raflé le contrôle de la Chambre des députés, remportant 109 sièges sur 210. Dix des sièges du MDC sont détenus par des membres de la faction minoritaire, qui se sont engagés à travailler avec la branche majoritaire. (belga)


