Ingrid Betancourt, libérée mercredi par l'armée colombienne après plus de six ans aux mains de la guérilla des Farc, a déclaré samedi que, pour elle, le commandant Enrique qui la détenait n'a pas été "acheté" par les autorités colombiennes. La Radio suisse romande (RSR) a affirmé vendredi que des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) avaient touché quelque 20 millions de dollars pour libérer les otages. Bogota a démenti.
"C'était un homme d'une méchanceté et d'une cruauté vraiment spéciale. Je l'ai profondément connu. Je savais quoi lui dire, quel moment lui dire pour obtenir une réaction ou une autre", a-t-elle expliqué à la chaîne de télévision France 3. "Lorsque je l'ai vu poings et pieds liés au sol avec les yeux bandés, l'expression de son visage, de sa bouche, ce n'est pas quelqu'un qu'on a acheté. Il était humilié", a-t-elle assuré.
Le commandant Enrique a été arrêté par l'armée colombienne lors de l'opération de sauvetage des otages. Selon RSR, citant "une source proche des événements", "les quinze otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène". Les autorités colombiennes ont démenti avoir versé de l'argent, affirmant que la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages résultait d'une opération d'infiltration de la guérilla par les services secrets colombiens. (belga)
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