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Au Mali, le "sommet des pauvres" exhorte le G8 à tenir ses promesses

Les dirigeants d'Afrique du Sud, d'Algérie, d'Ethiopie, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, de Tanzanie et le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping, ont été conviés à cette réunion et demandé au G8 qu'il concrétise ses promesses des précédents sommets.
"Oui, c'est vrai qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, la flambée du prix de l'essence, la crise alimentaire, mais il faut surtout lutter contre les Mugabe africains!" a estimé Oumar Diakité, jeune Ivoirien.
"Il faut un véritable forum du monde. Pays du nord, du sud, ONGs, sociétés civiles doivent participer au débat. Il faut démocratiser le débat", a clamé Barry Aminata Touré, organisatrice du "sommet des pauvres" de Katibougou.
Au "sommet des pauvres" de Katibougou, au Mali, les altermondialistes ont exhorté les pays riches du G8, réunis depuis lundi au Japon, à tenir leurs promesses d'aide envers l'Afrique, critiquant leurs "effets d'annonce" pour "se donner bonne conscience".

"Messieurs du G8, respectez vos engagements", a lancé Bernard Ouédraogo, altermondialiste du Burkina Faso, reflétant le sentiment général des centaines de participants réunis jusqu'à mercredi dans cette localité proche de Bamako, en parallèle au "sommet des riches". "Je ne veux pas rentrer dans les chiffres, mais souvenez-vous, l'aide au développement annoncée, elle est où ? C'était donc du pipeau ! Du pipeau ! ", a-t-il martelé.

Tahirou Bah, secrétaire général du "mouvement des sans voix", une ONG malienne, n'a pas dit autre chose : "comment pouvez-vous comprendre que des dirigeants élus démocratiquement refusent de respecter leurs engagements ? ". "Ca s'appelle un effet d'annonce pour avoir bonne conscience, c'est tout. Mais cela ne peut durer. Nous allons tout droit dans le mur. La révolution se fera, les peuples feront la révolution", a-t-il insisté.

Les dirigeants d'Afrique du Sud, d'Algérie, d'Ethiopie, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, de Tanzanie et le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping, ont été conviés à cette réunion et demandé au G8 qu'il concrétise ses promesses des précédents sommets. Hamidou, un jeune Guinéen assis avec des concitoyens sur un matelas de fortune, avançait une proposition: "Que les pays riches remboursent la dette des pays pauvres à hauteur de l'aide au développement attendue".

"Que vont-il nous réserver encore ce lundi? Que vont décider les pays du G8 à propos de l'Afrique ? ", s'interrogeait de son côté Barry Aminata Touré, présidente du principal mouvement altermondialiste malien et organisatrice du "sommet des pauvres" de Katibougou. Le président français Nicolas Sarkozy souhaite l'ouverture du G8 aux pays émergents et à l'Afrique ? "Ce n'est pas trop tôt. Ce n'est pas à la veille du sommet où les ministres des pays riches ont déjà bouclé tous les dossiers qu'il faut tenir ce discours", expliquait-elle. "Il faut un véritable forum du monde. Pays du nord, du sud, ONGs, sociétés civiles doivent participer au débat. Il faut démocratiser le débat".

Face à ce concert de critiques contre les pays riches, une voix s'est élevée pour pointer du doigt les responsabilité de l'Afrique. "Il ne faut rien attendre des pays riches. C'est d'abord à nous d'assurer le développement de nos pays. Cela passe d'abord par la lutte contre la corruption dans nos pays. Cela passe aussi par une bonne gestion des deniers publics", a estimé Oumar Diakité, jeune Ivoirien. Avant de conclure, en référence à la crise politique au Zimbabwe: "Oui, c'est vrai qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, la flambée du prix de l'essence, la crise alimentaire, mais il faut surtout lutter contre les Mugabe africains !" (belga/7sur7)
07/07/08 15h54
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