L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt s'est dite prête lundi à Paris à jouer un rôle d'émissaire entre les présidents rivaux colombien Alvaro Uribe et vénézuélien Hugo Chavez pour tenter de régler la crise des otages en Colombie.
"J'espère que je peux aider, que je peux faire quelque chose pour rétablir l'amitié, la confiance" entre messieurs Chavez et Uribe, a déclaré Ingrid Betancourt lors d'une heure d'émission spéciale en espagnol et en français qui lui était consacrée sur Radio France Internationale (RFI).
Ingrid Betancourt, en pull léger beige et pantalon blanc, pull jaune sur les épaules, s'est adressée en espagnol aux otages qui écoutent l'émission dans la jungle, témoignant une nouvelle fois de sa volonté de se battre pour ceux qui vivent "avec la mort constamment à leur côté".
"Je veux être un soldat de cette cause" (ndlr, des otages). "Je ne sais pas comment le faire parce que Chavez détient une clef que personne d'autre ne possède. Les Farc l'écoutent. Chavez est un allié pour nous", a-t-elle poursuivi, ajoutant: "Chavez, je l'adore". Elle a également dit vouloir rencontrer le président équatorien Rafael Correa, qui s'est investi dans le dossier des otages.
L'ex-otage de la guérilla marxiste des Farc, libérée mercredi par l'armée a de nouveau appelé toute la Colombie à participer à une grande marche pour les otages le 20 juillet à Bogota, jour de célébration de l'indépendance en Colombie, et tous les pays d'Amérique latine à poursuivre leur mobilisation. Elle a réaffirmé qu'elle ne sera pas à la marche, évoquant même la possibilité de ne pas être en Colombie à cette date.
Mme Betancourt est rentrée vendredi à Paris après plus de six ans de captivité. Sur ses conditions de détention, elle a répété que pour elle, le commandant "Gafas" qui la détenait n'avait pas été acheté mais qu'à "plus haut niveau", il y a "certainement quelqu'un qui a reçu de l'argent".
L'émotion l'a une nouvelle fois envahie lors de la rediffusion par RFI du premier message radio sur cette antenne de son fils Lorenzo, fin 2007. "Je me déteste lorsque je pleure mais je n'arrête pas de pleurer", a-t-elle dit. (afp)
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