Le mercenaire britannique Simon Mann, accusé de tentative de coup d'Etat contre le président de Guinée Equatoriale Teodoro Obiang Nguema en mars 2004, a été condamné lundi à 34 ans et 4 mois de prison par le tribunal de Malabo. Le tribunal l'a aussi condamné à une amende de 100 millions de francs CFA (150.000 euros) et interdit de séjour en Guinée équatoriale pendant 20 ans après avoir purgé sa peine.
A l'issue du procès, qui a eu lieu du 17 au 20 juin, le procureur général José Olo Obono avait requis 31 ans et 8 mois de prison contre le mercenaire, expliquant qu'il s'agissait de la somme des peines pour les différents crimes et délits qui lui étaient reprochés.
Accusé d'être le cerveau du coup d'Etat, Simon Mann, formé à Eton puis à l'académie militaire de Sandhurst, ancien officier des SAS (forces spéciales britanniques), avait pour objectif de porter au pouvoir l'opposant équato-guinéen Severo Moto Nsa, plusieurs fois condamné pour tentatives de coup d'Etat, et actuellement en prison à Madrid pour trafic d'armes vers Malabo.
Mohamed Salaami, un homme d'affaires libanais installé en Guinée équatoriale depuis 2000, a été pour sa part condamné à 18 ans et 3 mois de prison ainsi que 100 millions de francs CFA d'amende et à 20 ans d'interdiction de séjour dans le pays. Le procureur avait requis 24 ans de prison contre lui.
Les deux hommes ont également été condamnés à verser à titre de dommages et intérêts 20 milliards de francs CFA (30 millions d'euros).
Cinq Equato-guinéens impliqués dans cette opération ont écopé de 6 ans et 1 mois de prison et d'une amende de 500.000 francs CFA (760 euros) chacun.
Dans ses attendus, le président a "recommandé" au procureur "d'entreprendre toutes les démarches judiciaires possibles en vue de l'extradition" des autres personnes impliquées, notamment contre Mark Thatcher, fils de l'ex-Premier ministre britannique Margaret Thatcher, et Elie Khalil, un Britannique d'origine libanaise.
Au cours de la lecture du jugement par le président du tribunal, Simon Mann, vêtu de sa tenue de prisonnier comme lors des audiences du procès, a regardé la cour sans manifester de sentiment ni faire de déclaration. Le mercenaire avait été arrêté en mars 2004 en compagnie de 61 autres mercenaires présumés lorsque leur avion s'était posé à Harare, au Zimbabwe. Les autorités les avaient accusés d'être venus prendre livraison d'armes avant de rejoindre à Malabo une équipe dirigée par le Sud-Africain Nick Du Toit, qui y purge depuis 2004 une peine de 34 ans de prison.
Lors du procès, Simon Mann avait aussi mis en cause les Etats-Unis, l'Afrique du Sud et l'Espagne, l'ancienne puissance coloniale, en soulignant qu'ils lui avaient donné leur "feu vert" pour renverser le régime.
Le président Obiang Nguema dirige le pays d'une main de fer depuis qu'il a renversé en 1979 son oncle Francisco Macias Nguema. Souvent critiquée pour des violations des droits de l'Homme, la Guinée équatoriale, pays fermé et pauvre, est devenue le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne. (afp/belga)


