La procès pour corruption du Premier ministre renversé et milliardaire thaïlandais Thaksin Shinawatra a débuté mardi devant la Cour suprême de Thaïlande. Thaksin Shinawatra est accusé d'avoir influencé une transaction immobilière au profit de son épouse.
Tous deux, absents de l'audience mardi matin, sont passibles d'une peine d'emprisonnement de 13 ans s'ils sont reconnus coupables. Le verdict, prononcé par la Cour suprême, n'est pas susceptible d'appel.
M. Thaksin, qui possède depuis l'été dernier le club de football de Manchester City (1re div. anglaise), avait plaidé non coupable en mars devant la Cour suprême au cours d'une audience durant laquelle un juge lui avait lu les accusations retenues contre lui.
M. Thaksin a été au pouvoir de 2001 à 2006 avant d'être renversé par des généraux royalistes qui ont laissé la place en février à un gouvernement élu, dominé par des alliés de l'ex-Premier ministre.
L'audience de mardi a débuté par l'appel du premier témoin, l'ancien Premier ministre Banharn Silpa-archa.
Un autre prédécesseur de M. Thaksin, Chuan Leekpai, était également présent dans la salle d'audience et pourrait témoigner plus tard.
M. Thaskin et son épouse, Pojaman Shinawatra, sont formellement accusés de plusieurs violations des lois anticorruption et risquent jusqu'à 13 ans de prison chacun et/ou des amendes dans le cadre de l'affaire immobilière jugée par la Cour suprême.
Mme Pojaman est accusée d'avoir acheté en 2003 un terrain de cinq hectares à Bangkok pour l'équivalent de 23 millions de dollars à un Fonds d'investissement dépendant de la Banque centrale de Thaïlande alors que la propriété avait été estimée à trois fois ce prix, selon l'acte d'accusation.
M. Thaksin, qui était Premier ministre à l'époque, est accusé d'avoir influencé la transaction. En mai 2007, alors qu'il était en exil, M. Thaksin a été interdit d'activités politiques pour une période de cinq ans par un tribunal mis en place par les généraux putschistes.
Par ailleurs, les autorités précédentes ont ordonné le gel des avoirs de la famille de M. Thaksin, estimés à près de deux milliards de dollars, dans l'attente de résultats d'enquêtes sur la vente controversée en 2006 de l'empire des télécommunications Shin Corp fondé par l'ancien Premier ministre. (afp)


