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Verdict jeudi contre deux Macédoniens

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) doit rendre jeudi son premier jugement contre des Macédoniens, l'ancien ministre de l'Intérieur Ljube Boskoski et son garde du corps Johan Tarculovski, accusés de crimes de guerre contre des civils albanais. Leur procès a commencé en avril 2007 et s'est terminé en mars 2008.

Les inculpés ont plaidé non coupable des chefs d'inculpation de meurtre, destruction volontaire et traitements cruels qui pèsent contre eux.

Le procureur a requis 12 ans de prison contre l'ancien ministre et 15 ans contre son garde du corps.

Selon l'accusation, Ljube Boskoski, 47 ans, était au courant mais n'a pas empêché l'ancien policier Johan Tarculovski, 33 ans, de mener une attaque contre des habitants albanais du village de Ljuboten, dans le nord-ouest de la Macédoine, entre le 10 et le 12 août 2001. Après l'attaque, il ne l'a pas sanctionné, comme il aurait dû, dit le procureur.
Au moins sept personnes avaient été tuées dans cette attaque.

S'agissant du premier procès du TPI (dont la juridiction s'étend à tous les pays de l'ex-Yougoslavie) impliquant la Macédoine, le procureur s'est longuement étendu sur le rôle de ce pays dans un "conflit armé international" à l'époque évoqué par l'acte d'accusation, afin de justifier ses accusations de "crimes de guerre".

Les violences au coeur de l'acte d'accusation s'étaient produites pendant les sept mois de conflit en Macédoine entre la guérilla albanaise, qui réclamait des droits accrus pour la forte minorité albanaise de ce pays (25% des deux millions d'habitants), et les forces gouvernementales. Il s'agirait d'une vengeance au lendemain d'une attaque de la guérilla contre les Macédoniens.

Selon le procureur, lors de ce conflit, "l'unité de la police commandée par l'accusé Tarculovski a délibérément tué des civils désarmés, volontairement incendié et détruit de nombreuses maisons sans raison, et infligé des traitements cruels à un groupe d'habitants, dont sept sont morts", dans le village de Ljuboten, proche de la frontière avec le Kosovo.

Au moment de l'attaque, Boskoski était ministre de l'Intérieur et, partant, commandait et contrôlait la police. Selon le procureur, il est coupable en tant que supérieur hiérarchique de n'avoir rien entrepris pour prévenir ces crimes ou en punir les responsables.

Lors de sa comparution initiale devant le TPI en avril 2005, Boskoski avait qualifié l'enquête sur ces crimes d'"acte anti-macédonien" et juré de défendre son honneur et son innocence autant que "l'innocence de (son) pays".

Ljube Boskoski, qui est marié à une Croate, a obtenu la nationalité croate en 1993 après avoir vécu plus de 20 ans en Croatie. Il s'était installé en Macédoine en 1999.

A l'issue de leur plaidoyer, ses avocats ont estimé qu'il a pris les mesures qui lui incombaient dans les circonstances de l'époque et que le procureur n'est pas parvenu à prouver sa responsabilité dans les crimes.

Ils ont en outre rejeté tout lien hiérarchique entre les deux hommes, réfutant de ce fait une éventuelle responsabilité de M. Boskoski dans les actes de M. Tarculovski.

Les défenseurs de Johan Tarculovski ont pour leur part estimé qu'il n'a fait "qu'obéir aux ordres du président (de Macédoine) qui reste perçu à ce jour comme un des principaux acteurs de la paix", et qu'il "n'y a pas de preuves qu'il a assisté aux crimes". Les avocats ont demandé aux juges d'acquitter leurs clients. (afp/7sur7)
08/07/08 10h33
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