Prague va signer l'accord pour le déploiement du bouclier américain sur son territoire

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Par: rédaction
8/07/08 - 11h14

Le gouvernement tchèque doit signer mardi avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, l'accord de principe sur le déploiement du bouclier américain sur son territoire, malgré la forte opposition de son opinion publique et les mises en garde de la Russie.

Des militants de Greenpeace ont déployé mardi une immense cible sur une des collines surplombant le centre ville de Prague, avant l'arrivée Condoleezza Rice qui vient signer cet accord à 15H00 locales (13H00 GMT) avec le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg.

"Ne faites pas de nous des cibles", indique la banderole déployée sur la colline de Letna au pied du métronome érigé par l'artiste Vratislav Novak en 1991, après la chute du communisme, à l'emplacement où se trouvait autrefois une gigantesque statue de Joseph Staline, dynamitée en 1962.

Les mouvements pacifistes qui ont multiplié les actions ces derniers mois, avec défilés, grèves de la faim et occupation du terrain militaire alloué au radar, ont prévu de manifester pour l'occasion.

Les sondages montrent régulièrement que deux-tiers des Tchèques sont contre le projet de radar. Les avis négatifs se sont même renforcés à 68% en mai, selon une enquête de l'Institut CVVM publiée début juillet. Selon ce sondage, la proportion de ceux qui demandent un référendum sur la question se maintient au-dessus de 70%, alors que le gouvernement a exclu d'emblée toute consultation populaire et choisi la voie parlementaire.

Le premier ministre libéral Mirek Topolanek, dont les sentiments pro-américains sont aussi forts que ses réserves vis-à-vis de l'Europe, avait proposé dès sa nomination à la tête du gouvernement de participer au système de défense américain.

Un vrai choix stratégique, alors que pendant quarante ans, son pays, aujourd'hui membre de l'UE et de l'OTAN, fut soumis à la tutelle soviétique, jusqu'à la chute du communisme en 1989.

Rien ne garantit, cependant, que le traité obtienne les voix requises pour la ratification par les deux chambres du parlement. "C'est une chose importante pour notre sécurité, mais aussi dans la perspective de notre appartenance à l'OTAN, je suis sûr que la responsabilité prévaudra finalement", a assuré le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandr Vondra dimanche lors d'un débat télévisé.

Il est cependant "peu probable" que le vote intervienne avant les élections américaines, comme l'a récemment confié à l'AFP le président du Sénat Premysl Sobotka (ODS, au pouvoir). Pour l'opposition social-démocrate, l'accord contredit les engagements européens de la République tchèque et le principe d'une défense commune européenne.

L'opposition questionne aussi l'utilité d'un radar qui ne serait pas couplé avec une rampe antimissile, alors que les négociations menées par Washington avec Varsovie achoppent encore sur la demande des Polonais d'une présence permanente de systèmes de défense antiaérienne de type Patriot.

Lundi, Condoleezza Rice qui espérait pouvoir définir les bases d'une entente similaire avec la Pologne, n'a pas réussi à s'entendre avec son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, lors d'une rencontre à Washington.

A cela, s'ajoutent les craintes suscitées par les mises en garde de la Russie, qui voit d'un très mauvais oeil l'installation d'une base américaine dans son ancienne zone d'influence.

Dimanche encore, l'ambassadeur russe en poste à Prague, Alexei Fedotov, a rappelé les "grandes inquiétudes" de Moscou, lors d'un débat télévisé. "Ces inquiétudes n'ont pas été apaisées et (...) tout le monde peut imaginer que la Russie prendra toutes les dispositions nécessaires pour protéger sa sécurité", a-t-il dit.

Ces menaces ont jusqu'à présent conforté les certitudes des pro-radars, prompts à invoquer le libre arbitre de leur pays fraîchement indépendant. (afp

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