La grève générale de 24 heures lancée mercredi par la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP, gauche) contre la hausse des prix, a donné lieu à des blocages de routes, des manifestations, à l'incendie du siège d'un gouvernement régional et à l'interpellation de 200 manifestants, indique-t-on de sources officielles.
La grève, lancée par la CGTP a été "un succès au niveau national", a déclaré son dirigeant, M. Mario Huaman.
Le président Alan Garcia (droite), tout en estimant que la grève n'avait pas été mobilisatrice, a reconnu mercredi soir qu'il y avait "une insatisfaction d'un grand secteur de la société péruvienne".
Le mouvement a surtout touché les régions pauvres du Sud et de l'Est du pays andin.
L'incident le plus grave s'est déroulé à Puerto Maldonado (sud-est) où des milliers de paysans ont pris d'assaut le siège du gouvernement régional, pillant et mettant le feu au mobilier.
Les habitants de cette région pauvre de forêts et de jungles ont blessé plusieurs policiers à coups de flèches. Ils protestent contre une loi permettant aux compagnies minières d'exploiter les terres appartenant aux communautés indigènes.
Deux cents manifestants ont été interpellés par la police à l'occasion d'affrontements avec les forces de l'ordre mercredi matin dans le sud du pays alors que les grévistes tentaient de bloquer des routes, a indiqué le ministre de l'Intérieur.
A Lima, une grande manifestation a réuni sur la place "Dos de Mayo" plus de 5.000 personnes tandis que d'autres rassemblements ont eu lieu à Puno (sud), Arequipa (sud), Cuzco (sud-est) et Tacna (sud).
Ce mouvement coïncide avec une grève de 48 heures lancée mardi par les confédérations paysannes du Pérou et la Confédération nationale contre la loi permettant l'exploitation minière sur les terres indigènes.
La CGTP exige que le président libéral, Alan Garcia, tienne ses promesses concernant le développement du pays et réoriente sa politique économique libérale, tout en procédant à des hausses de salaires pour faire face à l'augmentation du coût de la vie.
Le chef de l'Etat a mobilisé les forces armées pour renforcer la police en cas de débordements. L'armée a été déployée la veille de la grève dans les endroits sensibles.
Ce mouvement de grogne survient alors que le Pérou traverse une période d'euphorie économique en bénéficiant d'une croissance de près de 10%, tirée par les exportations notamment de minerais (cuivre, fer, or, argent...).
Néanmoins, cette amélioration de la croissance est surtout sensible à Lima, ainsi que dans le nord du pays et sur la côte. L'est et le sud se sentent délaissés et ne profitent que dans une moindre mesure de la croissance, notent la plupart des spécialistes.
Selon un sondage de l'Université de Lima publié mardi, 34% des habitants estiment que la situation au Pérou est pire qu'en 2006, à l'arrivée au pouvoir de M. Garcia, 48% que cela n'a pas changé et 19% que la situation est meilleure. (afp)


