Les ravisseurs d'un chef d'entreprise du Val d'Oise, séquestré pendant une semaine et libéré samedi par la police, avaient demandé une rançon de 350.000 euros, a indiqué samedi après-midi le procureur de la République de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry.
Au cours d'un point de presse, la magistrate a confirmé que trois malfaiteurs avaient été interpellés à Villepinte (Seine-Saint-Denis) au moment de la remise d'une rançon. Selon le procureur, ils ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Versailles pour des faits d'"enlèvement et de séquestration" avec "deux circonstance aggravantes": "l'enlèvement d'un otage en vue de l'obtention d'une rançon" et le fait d'avoir agi en "bande organisée".
Rançon
Les ravisseurs avaient exigé une rançon de 350.000 euros, a précisé Mme de Givry, qui s'est adressée à la presse depuis les locaux de la police judiciaire de Versailles. La magistrate a ajouté que "les investigations se poursuivaient sous la direction du parquet de Pontoise dans le cadre d'une enquête de crime flagrant".
L'arrestation des trois individus, âgés de 29, 31 et 38 ans, est intervenue vers 11h10 dans des circonstances qui n'ont pas été précisées. Les trois hommes ont été interpellés grâce à l'action conjuguée des policiers de l'Office central de lutte contre le crime organisé et de la direction interrégionale de la police judiciaire de Versailles.
Important dispositif
Un dispositif impliquant 80 policiers avait été mis en place depuis plusieurs jours afin de libérer le chef d'entreprise du secteur du bâtiment, séquestré depuis le 4 juillet, et arrêter les malfaiteurs présumés en flagrant délit à l'occasion de la remise de rançon. L'un des malfaiteurs a ensuite conduit la police dans l'appartement de Mitry-Mory (Seine-et-Marne) où la victime avait été séquestrée et qui contenait des armes de gros calibre.
Enlèvement
La victime avait été enlevée à Garges-lès-Gonesse par trois individus qui se trouvaient dans une voiture munie d'un gyrophare, avant que sa voiture ne soit retrouvée dans un autre endroit et son portable dans une poubelle. Les ravisseurs ont pris contact le lendemain de l'enlèvement avec le frère de la victime, Azar Setti, qui a alerté la police. Le chef d'entreprise a ensuite été en contact avec les ravisseurs tous les jours.
"Ils étaient tantôt gentils, tantôt très brusques", a indiqué le frère de la victime, qui a assuré qu'"il ne s'agit pas d'un enlèvement à connotation antisémite". "Ils ont apporté de la nourriture casher à mon frère. Je ne pense pas qu'ils auraient agi ainsi s'ils avaient été antisémites", a-t-il précisé.
"Un métier"
Jean Espitalier, le directeur de la police judiciaire de Versailles, a indiqué qu'il s'agissait de ravisseurs dont "l'enlèvement est devenu un métier", sans préciser si ces hommes avaient tenté d'enlever d'autres personnes par le passé. "Il est trop tôt pour le dire. Nous ne savons s'il s'agit de leur coup d'essai mais nous restons très vigilants. Nous avons l'impression d'assister à la naissance d'un nouvelle génération de criminels pour lesquels l'enlèvement est un métier. Nous n'avions pas vu ce type d'affaire depuis longtemps", a précisé Mr Espitalier.
Ce dernier a ajouté que la victime "avait été passée à tabac le premier jour". "Ils ont voulu lui faire croire que son frère ne voulait pas payer la rançon", a-t-il poursuivi, ajoutant que la police "n'avait jamais pensé payer une rançon, ce qui aurait pu être fatale à la victime". L'ex-otage, très fatigué, a été hospitalisé. (afp)
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